France Télécom serre ses coûts pour résister à la guerre des prix

Le groupe prévoit, comme en 2012, une baisse de 10% de son revenu moyen par abonné mobile en France. Il veut doubler le montant de ses économies en 2013
Olivier Pinaud
Stéphane Richard, PDG de France Télécoms le 20 février 2013. Photo: Denis Allard/REA
Stéphane Richard, PDG de France Télécoms le 20 février 2013. Photo: Denis Allard/REA  - 

France Télécom n’a pas d’autre choix que de continuer à baisser ses coûts. Stéphane Richard, le PDG de l’opérateur de télécoms, n’attend pas de répit dans la guerre des prix cette année en France. «Nous allons probablement connaître une nouvelle baisse d’au moins 10% de notre revenu moyen par abonné mobile (Arpu) cette année», craint Stéphane Richard. Sous l’effet de la bataille tarifaire lancée par Free Mobile en janvier 2012, et des répliques successives des concurrents, l’Arpu de France Télécom a déjà reculé de 10% l’année dernière à 336 euros. Un ajustement des prix à la baisse qui a toutefois permis de stabiliser fin 2012 l’érosion de la base d’abonnés mobiles en France.

Pour s’adapter à ces conditions de marché extrêmes, France Télécom a réduit de 255 millions d’euros nets ses coûts opérationnels en 2012, dont 174 millions d’euros de charges salariales économisées grâce aux plans «temps partiel senior». Mais le groupe veut aller plus loin en 2013 pour contrer la nouvelle baisse attendue des recettes par abonné. Le montant total des économies devrait être porté à 600 millions d’euros cette année. En Pologne, où sa filiale TPSA pâtit aussi de la faiblesse du marché, France Télécom supprimera 1.700 emplois et réduira les points de vente. La direction prévoit de nouveaux efforts en 2014, soutenus par les effets continus du plan «temps partiel senior» et les départs naturels liés à la pyramide des âges du groupe.

Ces économies de charges évitent à France Télécom d’avoir à abaisser une nouvelle fois les objectifs financiers annoncés en octobre dernier alors que, comme le reconnaît le directeur financier, Gervais Pellissier, «la pression sur les prix va sans doute être plus forte en 2013 que nous ne l’avions anticipé au troisième trimestre 2012», et malgré la nette dégradation de la situation en Pologne ces derniers mois. Le groupe a d’ailleurs déprécié de 889 millions d’euros les écarts d’acquisition de sa filiale polonaise. Au bout du compte, l’opérateur prévoit toujours un cash flow opérationnel supérieur à 7 milliards d’euros en 2013 après avoir tenu l’objectif de 2012 à environ 8 milliards d’euros. France Télécom promet de verser un dividende de 0,80 euro par action au titre de 2013, même montant que pour 2012.

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