France Télécom se renforce en Egypte à moindre frais
Les équipes de fusions et acquisitions de France Télécom sont sur le pied de guerre. Après avoir vendu sa filiale suisse à Apax Partners, puis sa participation de 35% au capital d’Orange Austria à Hutchison, l’opérateur de télécommunications va renforcer son contrôle sur sa filiale égyptienne.
Un accord a été trouvé avec Naguib Sawiris, le partenaire local de France Télécom, alors que le pacte d’actionnaires conclu entre les deux parties en 2010 ne prévoyait une évolution du capital du premier opérateur de téléphonie mobile du pays qu’à partir de septembre 2012.
La révolution égyptienne ainsi que la réorganisation interne d’Orascom Telecom, le holding de Naguib Sawiris, qui risquait de rendre caduc le pacte d’actionnaires, ont précipité les événements. D’un côté, Naguib Sawiris, dont les relations avec le pouvoir islamiste égyptien sont tendues, s’assure une porte de sortie. L’homme d’affaires détient directement et indirectement 35% d’ECMS, la structure cotée de Mobinil.
De l’autre côté, France Télécom met la main sur le capital qui lui manquait à de meilleures conditions, 8,7% en dessous du prix le plus faible initialement prévu. Depuis l’accord avec Naguib Sawiris en 2010, l’opérateur français détenait déjà le contrôle opérationnel de la société. Celle-ci était consolidée par intégration globale.
Les modalités précises de l’accord ne sont pas dévoilées. Mais sachant que Naguib Sawiris conservera 5% du capital de l’opérateur égyptien, et une proportion largement supérieure en droits de vote, le montant de l’opération est estimé à 1,5 milliard d’euros pour France Télécom. Celui-ci pourrait être moindre si une partie des actionnaires minoritaires, à la tête de 29% d’ECMS, ne participent pas à l’offre publique qui leur sera proposée. Au 30 juin 2011, l’engagement d’achat des actions Mobinil-ECMS auprès de Naguib Sawiris était comptabilisé à 1,824 milliard d’euros dans la dette de France Télécom. L’opérateur français souhaite maintenir la cotation d’ECMS à la Bourse du Caire.
L’opérateur se renforce en Egypte, son principal actif en Afrique, alors que la révolution a fortement pénalisé l’activité de Mobinil au point de rompre la dynamique de croissance de la société. Au cours des neuf premiers mois de 2011, le chiffre d’affaires de l’opérateur égyptien a baissé de 5% par rapport à 2010.
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