France Télécom s’accroche à sa baisse des coûts

Les économies ont permis de limiter le repli de la marge au premier trimestre. L’opérateur confirme son objectif de cash flow annuel
Olivier Pinaud

Plus que jamais, l’heure est aux économies chez France Télécom. Victime comme ses concurrents SFR et Bouygues Telecom de la guerre commerciale lancée par Free Mobile, et touché par le déclin de plusieurs de ses principales filiales étrangères (Pologne, Belgique, Egypte), l’opérateur de télécoms serre ses coûts pour maintenir sa marge. Et pour confirmer son objectif de cash flow disponible annuel de 7 milliards d’euros.

Au premier trimestre 2013, malgré un repli de 4% de son chiffre d’affaires à 10,28 milliards d’euros, son excédent brut d’exploitation (Ebitda) n’a plié que de 3% à 3,15 milliards. En un seul trimestre, le groupe a réduit de 219 millions d’euros ses charges d’exploitation, soit quasiment deux fois plus que le montant économisé sur l’ensemble de 2012. Les coûts directs ont représenté la principale variable d’ajustements. Au total, France Télécom table sur des économies en France d’au moins 500 millions d’euros en 2013, contre 284 millions en 2012, en insistant principalement sur les charges indirectes (réductions des commissions, moindre externalisation des centres d’appels, niveau de service différencié selon le prix de l’abonnement), dont le montant annuel représente 9,6 milliards d’euros. Supérieurs aux attentes, les économies du premier trimestre pourraient permettre de dépasser l’objectif annuel. Le montant n’a pas été relevé à ce stade.

Cette politique d’austérité constitue aujourd’hui le seul véritable levier de France Télécom. Dans le fixe en France, le changement de livebox n’a pas entraîné de ruée des abonnés ADSL. Au premier trimestre, le groupe a capté 15,7% des nouveaux abonnés, contre 21,9%. Dans le mobile, le lancement de la 4G ne se traduit pas immédiatement par une remontée du prix des forfaits. Le service de très haut débit est vendu pour un euro de plus par mois.

Sans compter que sur ce point, Bouygues Telecom, et dans un second temps Free Mobile, pourraient utiliser la 4G comme un argument commercial pour reprendre ou gagner des parts de marché. Enfin, en promettant de lancer une offre «forte et massive» de subventionnement des téléphones, ce qu’il avait jusqu- là refusé de faire, Free Mobile risque de bousculer un peu plus le modèle des abonnements «ce qui pourrait peser sur la marge de manœuvre de France Télécom pour réduire les coûts commerciaux», prévient Oddo Securities.

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