France Télécom règle le cas Mobinil pour un surcoût mesuré
France Télécom (FTE) et Orascom Telecom avaient annoncé mi-avril avoir enterré la hache de guerre sur l’opérateur égyptien Mobinil. Hier, ils ont levé le voile sur les modalités de leur accord. Il en ressort que les deux parties ont opté pour un statu quo… temporaire. A l’origine France Télécom avait obtenu par une décision d’arbitrage qu’Orascom lui transfère ses 28,75% de la holding Mobinil (voir illustration). Un événement qui avait constitué le point de départ du bras de fer. Finalement, Orascom conservera dans l’immédiat cette part de 28,75%.
L’équilibre va également perdurer chez ECMS, la filiale à 51% de Mobinil, cotée en bourse. Après la décision d’arbitrage, FTE avait lancé une offre sur les 49% restants d’ECMS (29% de flottant et 20% aux mains d’Orascom). Mais désormais, l’offre n’est plus d’actualité.
Grâce au terrain d’entente trouvé, les deux groupes ont également pu débloquer le dossier Link Dot Net. Appartenant à la galaxie Orascom, le fournisseur d’accès à internet sera repris par ECMS sur la base d’une valeur d’entreprise de 130 millions de dollars.
Pour assurer cet équilibre temporaire, et donc éviter un nouveau conflit ouvert, Orascom et FTE ont décidé de conclure un nouveau pacte d’actionnaires organisant la gouvernance de Mobinil. Et surtout, ils ont couché sur le papier les modalités de sortie dont pourra plus tard bénéficier Orascom. Ce dernier aura en effet une option de vente à la fois sur ses titres ECMS (cotés) et sur ses titres Mobinil (non cotés). Elle sera exerçable du 15 septembre au 15 novembre 2012 puis du 15 septembre au 15 novembre 2013. Elle pourra aussi être activée «à tout moment jusqu’au 15 novembre 2013 en cas de survenance de situations de blocage», précise le communiqué.
Pour les actions ECMS, le prix sera de 221,7 livres égyptiennes (EGP) à l’entrée en vigueur du pacte puis augmentera jusqu’à 248,5 livres fin 2013. Quant aux actions Mobinil, ECMS constituant le seul actif de la holding, leur prix sera directement calculé en fonction du prix retenu pour les titres de la filiale.
Orascom aura de surcroît un retour à court terme. En contrepartie de l’extinction de tous les litiges, FTE paiera dès l’entrée en vigueur du nouveau pacte la somme de 300 millions de dollars (226 millions d’euros).
Pour régler le conflit entourant l’avenir du leader égyptien du mobile (26 millions de clients et 40% de marge d’Ebitda au premier trimestre), FTE devra donc débourser plus que prévu.
Dans ses plans initiaux, FTE devait au vu de la décision d’arbitrage reprendre 28,75% de Mobinil pour 530 millions d’euros. Il ambitionnait aussi de monter dans ECMS au travers de son offre. En retenant le dernier prix proposé (245 EGP par action), on peut estimer que le rachat des seuls 20% (20 millions d’actions) détenus par Orascom l’aurait amené à débourser 651 millions d’euros (avec le taux de 7,53 EGP pour un euro retenu par FTE). Soit une facture de 1,18 milliard d’euros, hors reprise du flottant d’ECMS.
Dans le nouveau cadre, le rachat des participations sera un peu moins élevé. Mais ce gain sera complètement absorbé par le versement de 300 millions de dollars.
Dans l’hypothèse basse (221,7 EGP l’action ECMS), la reprise des 20% d’ECMS s’élèverait à 589 millions d’euros. Quant à l’acquisition des 28,75% d’Orascom dans Mobinil, elle coûterait selon nos calculs 432 millions d’euros. En ajoutant le versement immédiat, le total grimperait à près de 1,25 milliard d’euros.
En envisageant cette fois un rachat en 2013 (à 248,5 EGP l’action ECMS), les montants en jeu passeraient à 484 et 660 millions d’euros. Soit avec les 226 millions d’euros d’indemnités, un coût cumulé de 1,37 milliard d’euros.
Le patron d’Orascom, Naguib Saouiris, est donc parvenu à ses fins. Après l’arbitrage, il souhaitait obtenir 273 EGP pour ses actions ECMS. Ce qui aurait induit une facture de 1,25 milliard d’euros pour FTE (hors offre sur les 29% de flottant d’ECMS).
Pour autant, situé entre 70 et 190 millions, soit 6 % à 16 % du coût envisageable à l’origine, le supplément de prix apparaît encore limité pour FTE. D’autant que le français pourra dès la mise en place de l’accord consolider «en totalité les résultats de Mobinil et de ses filiales dans ses comptes consolidés».
«Je vois surtout dans cet accord un bon signal du directeur général Stéphane Richard, remarque Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James. En acceptant un surcoût assez modeste et sans impact majeur pour le groupe, il est parvenu à débloquer un dossier qui s’enlisait depuis des mois». Certains notent toutefois que le groupe se renforce en Egypte dans une période où les résultats d’ECMS reculent et où l’on parle de l’arrivée d’un nouvel opérateur sur le marché. Au travers de cet accord, FTE et Orascom devront aussi continuer à cohabiter jusqu’en 2012.
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