France Télécom ne peut que gérer le déclin de son chiffre d’affaires
France Télécom ne sort pas de la récession. Au troisième trimestre 2011, l’opérateur de télécommunications a subi une nouvelle érosion de son chiffre d’affaires: -2,1% à 11,28 milliards d’euros, en données comparables. Il s’agit du dixième trimestre de baisse consécutif, la dernière croissance remontant à début 2009 (+0,2%). Et une fois de plus, c’est la France, marché qui assure à lui seul la moitié des ventes du groupe, qui explique ce dérapage plus marqué qu’attendu. Dans l’Hexagone, le chiffre d’affaires a baissé de 4,6%, le plus fort repli depuis 2008.
La montée de la concurrence à l’approche de l’arrivée du quatrième opérateur Free Mobile en début d’année s’est nettement fait ressentir. D’une part, les groupes en place ont revu leurs prix à la baisse: en trois mois, le revenu par abonné d’Orange en France a perdu 4 euros à 379 euros sur une base annuelle. D’autre part, ils ont multiplié les offres pour dérober des clients à l’adversaire: pour la première fois, Orange France affiche un taux de désabonnement de 27%.
Dans ce contexte, et alors que le groupe prévoit un quatrième trimestre dans la même veine en France, le salut de France Télécom passe par la maîtrise de ses coûts. Un exercice plutôt bien réussi au troisième trimestre. En masse, le résultat brut opérationnel (ebitda) retraité a baissé de 5,2% mais la marge ne se replie que de 1,2 point, conformément à la tendance attendue pour 2011. La sortie au quatrième trimestre 2011 de la nouvelle version de l’iPhone a permis de reporter sur la fin de l’année les frais de lancement et les subventions liées à l’appareil. Le groupe a également contenu ses investissements par rapport aux deux premiers trimestres de l’année (+2% après des hausses de 7% et 15%). Résultat, le cash-flow opérationnel (ebitda-investissements) retraité pour les neuf premiers mois de 2011 s’élève à 7,88 milliards d’euros, ce qui permet à France Télécom de légèrement relever son objectif annuel au-delà de 9 milliards d’euros et sécuriser ainsi un peu plus sa promesse de distribuer un dividende de 1,4 euro par action (10,4% de rendement hier).
Néanmoins, avec la montée de la concurrence en France, le pilotage de la marge et du cash-flow devient de plus en plus périlleux. La nomination mercredi de Gervais Pellissier, le directeur financier de l’opérateur, au titre élargi de directeur général délégué, démontre bien la prépondérance des finances pour France Télécom.
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