France Télécom contrarié sur ses projets en Egypte
Revers pour France Télécom (FTE) en Egypte. Alors que le français envisageait une OPA sur l’opérateur mobile ECMS après la reprise à 100 % de la holding MobiNil, l’autorité de marché égyptienne (CMA) a rejeté la proposition.
Si le communiqué de FTE reste assez flou sur les motifs, c’est bien une question de prix qui est à l’origine de cette fin de non-recevoir. Devant bientôt prendre possession des 28,75 % d’Orascom dans MobiNil (voir organigramme), FTE souhaitait dans la foulée acquérir 100 % d’ECMS, unique actif de MobiNil dont la holding détient 51 %.
FTE a pour cela proposé une « prime de 33,1 % par rapport au cours de clôture du 5 avril ». Soit 200 livres égyptiennes par action. Les 49 % visés lui auraient ainsi coûté 1,3 milliard d’euros d’après nos calculs.
Mais la CMA a fait une autre analyse. Apparemment, elle a considéré que la sentence arbitrale rendue sur les 28,75 % de MobiNil devait servir de référence, ECMS étant le seul actif de MobiNil. FTE payant 530 millions d’euros les 28,75 % de MobiNil, on peut en effet estimer selon nos calculs que cette transaction valorise indirectement ECMS à 27,3 milliards de livres égyptiennes (3,6 milliards d’euros). Soit 273 livres par action. C’est d’ailleurs le chiffre auquel aboutissait Orascom la veille en évoquant la cession de tous ses intérêts dans ECMS. A ce prix, la facture pour FTE serait augmentée de 460 millions d’euros.
Ceci étant, le groupe français rejette l’argument. « France Télécom rappelle que cette sentence, qui n’est pas une décision de marché, a été prise par le tribunal arbitral, suite aux initiatives successives d’Orascom Telecom », indique son communiqué en ajoutant qu’il n’est de surcroît « pas tenu, tant d’un point de vue juridique que des pratiques de marché, d’initier une offre publique d’achat obligatoire, a fortiori à un prix qui correspondrait peu ou prou à celui de la sentence arbitrale sur le holding MobiNil.»
D’après Jean-Yves Larrouturou, directeur général adjoint de France Télécom chargé du développement international, FTE n’a pas l’intention d’améliorer son offre. Pourtant, pour l’opérateur, l’intérêt de monter à 100 % demeure. Il récupérerait ainsi la totalité des dividendes d’ECMS et dénouerait entièrement ses liens avec Orascom avec lequel les relations ne semblent pas au beau fixe.
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