FPF se retrouve sans protection face à l’OPA hostile de PHRV
Douche froide pour la direction de Foncière Paris France (FPF). Les actionnaires réunis hier matin en assemblée générale, avec un quorum élevé de 91,5%, ont rejeté toutes les résolutions présentées par le conseil d’administration de la foncière pour contrer l’offre hostile de PHRV. Après une attente de trois quarts d’heure pour connaître les résultats, due notamment à un litige au moment du vote (les actionnaires n’avaient le choix qu’entre deux cases: contre et abstention), seule la poursuite du programme de rachat d’actions, à un maximum de 117 euros, a été approuvée à une courte majorité de 56%.
PHRV et son allié Cofitem-Cofimur ressortent donc grands vainqueurs de cette assemblée. De fait, l’initiateur de l’offre s’était renforcé dans les derniers jours, en acquérant plus de 4% du capital en blocs au prix de l’offre à 110 euros l’action, lui permettant de détenir 29,5% du capital et des droits de vote au moment de l’AG.
Néanmoins, les résultats étaient serrés. La résolution sur les «bons Breton», qui ne nécessitait qu’une majorité simple, a réuni 48,28% des suffrages, tandis que l’OPRA, relevant de la majorité des deux tiers, a remporté 62,24% des votes. Jean-Paul Dumortier, PDG de FPF, avait pourtant essayé de convaincre l’assemblée que les «bons Breton» ne sont «qu’un moyen de négociation, comme un bacille qu’on inocule pour vacciner».
«Nous faisons appel à une solution négociée, raisonnable, entre les parties», a demandé, tel un leitmotiv, Jean-Paul Dumortier tout au long de la matinée. «Nous n’avons pas la possibilité de relever l’offre. Nous ne négocierons pas», a fermement répondu Alain le Véel, représentant de PHRV. Les urnes lui ont donné raison. Même les parachutes dorés des trois premiers dirigeants – d’environ 500.000 euros chacun, selon Jean-Paul Dumortier – ont été rejetés avec seulement 43% d’approbation.
Pour autant, l’histoire n’est pas finie. Le visa de l’AMF est attendu le 13 décembre pour une offre qui devrait courir encore en janvier. D’ici là, les dirigeants de Foncière Paris France et les actionnaires le soutenant pourraient prendre de nouvelles mesures de défense. Pourquoi ne pas proposer une contre-offre, plus proche de l’actif net réévalué (ANR), comme le propose Proxinvest? D’autant que FPF, qui promet un ANR de 140 euros fin 2011, tient à souligner que 94% des actionnaires présents et représentés à l’AG, hors PHRV et Cofitem-Cofimur, étaient favorables à l’OPRA, et 73% favorables aux «bons Breton».
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