Ford met un coup d’accélérateur à son désendettement
Avec 6,4 milliards de dollars de résultat dégagé sur neuf mois et 23,8 milliards de trésorerie brute dans ses caisses, Ford a décidé de faire le ménage dans son bilan. Le constructeur a annoncé hier qu’il rembourserait au dernier trimestre les 3,6 milliards de dollars dus au fonds de santé Veba. Cela aboutira à une réduction de dette de 10,8 milliards par rapport à fin 2009 et allègera les charges financières annuelles de 800 millions.
Parallèlement, Ford a aussi décidé de pousser à la conversion de ses lignes obligataires 2016 et 2036, d’un montant facial résiduel de respectivement 2,875 milliards et 579 millions.
En théorie, la ligne 2016 est convertible en 107,5269 actions pour 1.000 dollars de nominal. Quant à la ligne 2036 (initialement convertible dès 2016), elle prévoit un échange à hauteur de 108,6957 actions.
Au cours de vendredi (14,27 dollars l’action), un investisseur récupérerait donc en théorie 1.534 dollars pour 1.000 de nominal sur la ligne 2016 et 1.551 dollars sur la ligne 2036. Reste que sur le marché, les deux lignes s’échangent à respectivement 1.694 et 1.682 dollars.
Ford se voit donc contraint d’offrir une «carotte» aux investisseurs pour les inciter à amener leurs titres. Ainsi outre les intérêts à recevoir (les deux lignes ont un coupon de 4,25%), les porteurs répondant à l’offre bénéficieront d’une soulte en cash de 215 dollars par obligation 2016 et de 190 dollars par obligation 2036. Dès lors, apporter à l’offre permettra de bénéficier de primes de 3,3% à 4% sur les prix de marché, selon nos calculs.
Cette opération va entraîner des charges au quatrième trimestre. En cas d’acceptation à 100%, elle se traduirait en effet par un débours de cash de 728 millions de dollars. Mais en échange de cet effort ponctuel, le groupe sera en mesure de réduire un peu plus son endettement puisque ces deux lignes étaient comptabilisées en dette à hauteur de 2,6 milliards au 30 septembre. De quoi prendre de l’avance sur les objectifs, l’écart entre cash disponible et dette brute devant être quasi nul en fin d’année avant même l’effet de ces conversions. Ford précise que cette amélioration de 8 à 9 milliards par rapport à fin 2009 traduirait une avance d’un an sur ses plans.
Quant à la dilution induite par la conversion (environ 10% au maximum d’après nos simulations), Ford souligne qu’elle est déjà intégrée dans ses calculs de bénéfices par action dilués.
Plus d'articles du même thème
-
Thales fait parler les synergies pour emporter Exail
Trois jours à peine après l'abandon des discussions entre Safran et Exail, Thales a signé un accord avec le groupe Gorgé en vue d'acquérir le spécialiste de la robotique. Pour les marchés, la logique industrielle semble mieux respectée. -
Le marché primaire high yield frôle l’indigestion
Deux émissions de CPI Property et d’HelloFresh ont été difficilement placées. Le marché est cher et laisse peu de place aux situations les plus limites, quel que soit le prix, surtout après une vague massive d’émissions au cours des deux derniers mois. Les investisseurs se veulent disciplinés et prudents. -
Sky et ITV réunissent leurs forces face aux géants mondiaux du streaming
La filiale de Comcast déboursera jusqu’à 1,6 milliard de livres pour le rachat d’ITV Media and Entertainment. Le nouvel ensemble pèsera 20% de l’audience britannique, derrière la BBC et devant YouTube.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Les actions coréennes approchent du bear market
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Menace, pardon et unité : Jordan Bardella au défi du rassemblement
A la veille de la décision de la cour d'appel de Paris qui pourrait faire de lui le candidat du RN à l'Elysée, Jordan Bardella soigne son image de rassembleur. Il multiplie les gestes envers les différentes sensibilités du parti, mais ne parvient pas à dissiper les craintes d'une purge -
Stop ou encoreMarine Le Pen, le jugement dernier
La cour d'appel tranche ce mardi si Marine Le Pen peut briguer l’Elysée ou si Jordan Bardella défendra les couleurs du RN. Deux années de sursis ont déjà bouleversé le parti : quel rôle pour leur cheffe si elle n'est plus la candidate ? -
Coup de têteMotion de censure : Olivier Faure, la solitude du frondeur
Il y a six mois, le premier secrétaire du PS avait choisi de ne pas censurer Sébastien Lecornu sur le budget, contre l’avis des siens. Aujourd’hui, il fait le choix inverse, là encore à rebours de la majorité de son groupe, pour ne pas couper les ponts avec des écologistes de plus en plus tentés par Jean-Luc Mélenchon