Fiat veut monétiser la marque Ferrari comme un produit de luxe
Fiat Chrysler Automotive (FCA) engage l’IPO de Ferrari. Le constructeur italo-américain a déposé hier auprès de la Securities and Exchange Commission américaine le projet d’introduction en Bourse de la firme de Maranello, comme il l’avait annoncé. Fiat espère mener à bien la transaction au dernier trimestre en cotant 10% de sa filiale et en transférant 80% du capital à ses propres actionnaires, les 10% restants étant détenus par Piero Ferrari. UBS, Bank of America Merrill Lynch et Santander dirigeront l’opération.
La holding de Ferrari sera enregistrée pour l’occasion aux Pays-Bas. Une fois la scission effectuée, début 2016, le capital de Ferrari devrait être à 66% aux mains du public, le solde se répartissant entre Piero Ferrari (10%) et Exor (24%), la holding des Agnelli.
Le plus dur commence pour Sergio Marchionne, le patron de Fiat: convaincre les investisseurs de payer les actions Ferrari au prix d’un des bolides de la célèbre marque au cheval cabré. Le dirigeant a estimé début juillet que sa filiale valait «au moins» 10 milliards d’euros, soit la moitié de la capitalisation de Fiat. Sergio Marchionne caresse le rêve de valoriser Ferrari comme une société du secteur du luxe, au même titre qu’un Prada, alors que les constructeurs automobiles se paient en Bourse sur des multiples deux fois inférieurs. En 2014, la firme de Maranello a dégagé un chiffre d’affaires de 2,7 milliards d’euros, pour un résultat net de 265 millions. Au premier trimestre, son bénéfice net atteint 65 millions pour des ventes de 621 millions.
Certains analystes financiers doutent que Ferrari vaille plus de 5 milliards d’euros. Mais d’autres suivent Sergio Marchionne. «Ferrari n’est pas lié au cycle automobile et a un ‘pricing power’ exceptionnellement élevé, avec un fort taux de conversion en cash», écrivaient le 15 juillet ceux de Credit Suisse, qui valorisent dans leurs modèles le constructeur à 10,5 milliards d’euros, avant décote d’IPO.
Les investisseurs devront aussi acheter la gouvernance particulière du groupe. Ferrari a mis en place un «programme de fidélité», désormais autorisé en Italie, qui permet d’accorder des droits de vote doubles aux actionnaires fidèles depuis au moins trois ans. Un moyen pour les Agnelli et Piero Ferrari de garder le contrôle de la marque fondée en 1947.
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