Fiat devra renforcer son capital pour absorber Chrysler
Sergio Marchionne n’a pas les mêmes inquiétudes que Moody’s. Quelques jours après la mise sous surveillance négative de la dette du constructeur automobile par l’agence de notation, l’administrateur délégué de Fiat s’est voulu confiant sur la situation de financement du groupe dans un entretien à la Repubblica, le premier accordé depuis l’annonce début janvier du rachat des actionnaires minoritaires de Chrysler. «Nous verrons où se situe notre niveau de dette au moment de l’annonce, fin avril, de notre nouveau plan stratégique. Je ne suis pas inquiet», a indiqué Sergio Marchionne.
L’opération Chrysler, d’un montant de 4,35 milliards de dollars, va peser sur la situation de trésorerie alors que le groupe italien reste en cash flow négatif, s’est inquiété Moody’s. Au 30 septembre 2013, la dette nette du groupe Fiat, y compris Chrysler, a encore augmenté de 1,6 milliard d’euros, pour monter à 8,3 milliards. Un niveau qui contraint les capacités d’investissement du groupe. Elle pourrait monter à 12 milliards, après l’opération Chrysler, selon les analystes d’Exane BNP Paribas.
Si Sergio Marchionne a renvoyé au plan stratégique du mois d’avril pour reparler de la dette, le directeur général a toutefois confirmé vendredi la possibilité d’émettre une obligation remboursable en actions afin de redonner du souffle au groupe, mais n’a pas donné de montant. Le chiffre de 1,5 milliard d’euros circule depuis plusieurs jours mais selon des analystes, les réels besoins de Fiat seraient supérieurs.
Pour faciliter à plus long terme le financement de Fiat, Sergio Marchionne a reconnu envisager une cotation du groupe sur un autre marché que celui de Milan, offrant un meilleur accès au capital, ce qui fait de la Bourse de New York le candidat idéal.
Fiat pourrait s’appuyer sur la fusion réussie entre sa filiale de véhicules agricoles et sa division américaine CNH. Cotée à Milan, et avec un siège aux Pays-Bas, la structure a toutefois choisi New York comme place directrice. Une solution qui permettrait de refléter le poids de l’américain Chrysler dans le groupe mais qui inquiète les autorités publiques.
Sergio Marchionne a réaffirmé que Fiat n’avait pas l’intention de fermer des usines dans la péninsule.
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