Faute d’un contexte amical, Safran renonce à faire une offre sur Zodiac
Safran jette l'éponge, pour le moment. Dans un communiqué publié hier soir, le groupe français a expliqué qu’il ne comptait pas déposer d’offre publique sur Zodiac. L’Autorité des marchés financiers (AMF) lui avait donné jusqu'à ce matin pour clarifier sa position après les déclarations de son président du directoire. En marge d’un salon aérien en Chine, Jean-Paul Herteman avait confié mercredi qu’une OPA hostile constituait une «possibilité» et que la question devait être résolue «dans peu de temps».
Celle-ci n’est pas à l’ordre du jour, alors que le groupe rappelle qu’il a tenté une approche amicale, sans succès. «Après plusieurs contacts, en l'état actuel, les conditions d’un tel rapprochement amical ne sont pas réunies. Conformément à sa culture d’entreprise, Safran ne déposera pas d’offre publique sur Zodiac», souligne le communiqué. Le groupe répète toutefois tout le «bien-fondé industriel» et les «complémentarités technologiques de portée stratégique» offertes par un tel rapprochement.
En vertu du réglement de l’AMF, cette décision engage Safran pour une période de six mois, sauf modification des conditions de marché. Ainsi, l’intervention d’un chevalier blanc autoriserait Safran à lancer une contre-offre. Le marché avait en tout cas anticipé ce retrait, l’action Zodiac affichant hier à la clôture un repli de 1,7%.
La structuration du capital de Zodiac complique la tâche pour tout acquéreur. Une nouvelle convention d’incessibilité, qui court jusqu’en avril 2012, a été signée en septembre dernier entre les principales familles actionnaires (Domange, Desanges, Maréchal et Schelcher). Ce pacte et les manifestations de soutien au management émanant d’autres actionnaires portent sur environ 29,5% du capital et 40,5% des droits de vote.
Alors que nombre d’analystes restent sceptiques devant le sens d’une telle opération, Safran a assuré hier qu’il entendait poursuivre sa «stratégie de développement dans ses métiers», illustrée par plusieurs «rapprochements structurants» annoncés cette année. Le groupe a ainsi fait part récemment du rachat de SNPE Matériaux Energétiques dans la propulsion-fusée à propergol solide et de L-1 Identity Solutions, une société américaine spécialisée dans les solutions de sécurité biométrique et de contrôle d’accès.
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