Facebook, touché par une panne mondiale, est sanctionné en Bourse
En quelques heures, 50 milliards de dollars de capitalisation boursière se sont évaporés pour Facebook. Lundi après-midi, le réseau social, la messagerie WhatsApp et son service de partage de photos Instagram ont été touchés par une panne, et mis hors ligne pour les utilisateurs du monde entier. Après une ouverture en baisse, le titre Facebook perdait 5,6% mi-séance à Wall Street, avant de clôturer à -4,85%, à 326,37 dollars.
L’action Facebook avait déjà ouvert en net repli lundi après les premières déclarations publiques de la lanceuse d’alerte à l’origine de la fuite de documents internes concernant les pratiques du réseau social. Ancienne ingénieure chef de produit chez Facebook, Frances Haugen a accusé le groupe de «(choisir) le profit plutôt que la sûreté» de ses utilisateurs, dans un entretien diffusé par la chaîne CBS.
Facebook était inaccessible car les utilisateurs n'étaient pas correctement redirigés par les serveurs DNS (Domain Name System), que l’entreprise contrôle elle-même. «Nous nous efforçons de rétablir la situation aussi rapidement que possible», indiquait Facebook lundi après-midi sur le réseau social concurrent de Twitter. Autre effet collatéral, des utilisateurs utilisant leurs identifiants Facebook pour se connecter à des applications tierces telles que les jeux Pokemon et Match Masters ou les messageries mobiles TikTok et Snapchat.
Autre coup dur, lundi en fin de journée, le site spécialisé Discose.tv affirmait que les données de plus de 1,5 milliard d’utilisateurs de Facebook étaient en vente sur un forum populaire lié au piratage. Ces données contiendraient les noms, adresses de courriel, numéros de téléphone, ou encore la localisation des utilisateurs. Un fait sans lien avec la panne mondiale affectant Facebook, mais révélatrice elle aussi des vulnérabilités du réseau social aux 2 milliards d’utilisateurs mensuels.
Vers 22 h, heure française, les DNS d’Instagram étaient remis en service.
Malgré ce semblant d’amélioration le titre Facebook, cinquième entreprise la plus valorisée au monde, bouclait sa pire séance de Bourse à New York, en près d’un an. Le Nasdaq clôturait en baisse de 2,14%, à 14 255,49 points. Les valeurs technologiques étaient aussi malmenées dans un contexte de hausse des rendements obligataires et d’un risque de défaut de paiement du gouvernement américain. Microsoft, à la veille de la présentation de son nouveau système d’exploitation Windows 11, affichait une baisse de 2%, Amazon -2,83%, Twitter -5,8%, ou encore Netflix -1,56%.
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