Facebook pousse la SEC à réfléchir à une modernisation de ses règles
Utilisé par plus de 500 millions de personnes à travers le monde, Facebook est aussi en train de bousculer le monde de la finance. Les 450 millions de dollars investis en fonds propres par Goldman Sachs au capital du site internet de réseau social ont provoqué une telle onde de choc sur la place que la Securities and Exchange Commission (SEC) réfléchit à modifier certaines de ses règles, selon le Wall Street Journal.
En soi, en dehors du fait qu’il valorise plus de 50 milliards de dollars une société qui réalise un peu plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, l’investissement de Goldman Sachs ne soulève aucune question. En revanche, le projet de la banque de lever un fonds de 1,5 milliard de dollars afin que ses clients puissent eux aussi investir dans Facebook pose un souci à la SEC. En effet, une règle impose à toute société comptant plus de 500 actionnaires différents de publier des comptes détaillés. Ce que ne fait pas Facebook. La question est de savoir si le fonds «Facebook» de Goldman Sachs est un actionnaire ou s’il faut compter l’ensemble des investisseurs qui le composent. Ce type de fonds n’est pas isolé. Les montants sont inférieurs à celui de Goldman Sachs, mais plusieurs établissements ont déjà proposé à leurs clients d’investir dans des véhicules ad hoc pour entrer au capital de sociétés privées comme Twitter ou Groupon.
Conscient du risque de violer la règle, Facebook avait déjà pris un certain nombre d’engagements auprès de la SEC. Ses anciens salariés ont par exemple interdiction de vendre leurs actions et ceux embauchés après 2007 détiennent des options qui ne prendront de la valeur que si la société est achetée ou mise en Bourse. La violation de cette règle est en partie à l’origine de l’introduction en Bourse de Google en 2004.
A l’origine, la règle des 500 actionnaires avait été créée par la SEC en 1964 pour protéger les investisseurs et assurer une meilleure transparence. Aujourd’hui, l’évolution des fonds, l’usage de nouveaux moyens de communication et l’émergence des plates-formes d’échanges électroniques de titres a modifié le paysage. Au risque de concurrencer directement les marchés d’actions.
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