Eutelsat et OneWeb précisent les conditions de leur rapprochement
Eutelsat a annoncé mardi avoir signé avec les principaux actionnaires de OneWeb un protocole d’accord en vue d’un rapprochement entre l’opérateur de satellites français et le fournisseur britannique d’accès à Internet à haut débit.
Eutelsat avait indiqué lundi avoir engagé des discussions dans cette voie, tout en prévenant n’avoir «aucune garantie» que celles-ci «aboutissent à un accord».
Le protocole d’accord prévoit que la transaction soit structurée comme un apport, par les actionnaires de OneWeb, de leur participation dans la société britannique à Eutelsat, en échange de 230 millions d’actions Eutelsat nouvellement émises. A l’issue de l’opération, les actionnaires d’Eutelsat et de OneWeb détiendront chacun 50% des actions de l’entité fusionnée.
Dans le cadre de cette opération, OneWeb est valorisé à 3,4 milliards de dollars, soit environ 3,3 milliards d’euros, impliquant une valeur de 12 euros par action Eutelsat, avant synergies et dividende inclus. Eutelsat prévoit de verser un dividende de 0,93 euro par action au titre de son exercice 2021-2022, achevé fin juin, avant de suspendre sa politique de distribution pour les deux exercices suivants. Lundi, l’action Eutelsat a clôturé en baisse de 17,8%, à 8,57 euros, alors que le marché s’inquiétait de la dilution à craindre de cette transaction.
Le futur Eutelsat pèsera 1,2 milliard d’euros de revenus
En se rapprochant, Eutelsat et OneWeb espèrent «créer un acteur mondial unique et de premier plan dans le domaine de la connectivité». Eutelsat regroupera sa flotte de 36 satellites géostationnaires (GEO) et la constellation de 648 satellites en basse orbite (LEO) de OneWeb, dont 428 sont actuellement opérationnels.
«Cette transaction offre une plateforme de création de valeur aux deux entités tout en transformant leurs profils respectifs de croissance futurs et leur potentiel de génération de trésorerie», a indiqué Eutelsat dans un communiqué. L’entité fusionnée, qui s’appellera toujours Eutelsat, devrait réaliser un chiffre d’affaires d’environ 1,2 milliard d’euros et un excédent brut d’exploitation (Ebitda) proche de 700 millions d’euros lors de l’exercice qui s’achèvera fin juin 2023.
Alors que les investissements de la future structure devraient s'établir entre 725 millions et 875 millions d’euros par an sur la période couvrant les exercices 2023-2024 à 2029-2030, son chiffre d’affaires devrait progresser selon un taux de croissance moyen «dans le bas de la fourchette à deux chiffres» au cours des dix prochaines années.
Le ratio dette nette sur Ebitda, qui s'élèvera à 4 après la transaction, devrait être réduit grâce à une forte croissance des résultats, soutenue par une politique financière disciplinée, avec un objectif de multiple d’endettement d’environ 3 visé à moyen terme.
Des synergies au menu
Selon Eutelsat, la création de valeur permise par l’opération envisagée «est répartie de manière équilibrée entre le chiffre d’affaires, les coûts et les dépenses d’investissement». Au total, la valeur actualisée nette des synergies est estimée à plus de 1,5 milliard d’euros après impôt (net des coûts de mise en oeuvre).
En moyenne, les synergies annuelles de chiffre d’affaires sont évaluées à près de 150 millions d’euros dès la quatrième année, grâce aux offres hybrides GEO/LEO qui fourniront aux clients un service de qualité supérieure tout en améliorant le taux d’occupation des capacités satellitaires.
Des synergies organisationnelles devraient aussi permettre de réaliser des économies annuelles de plus de 80 millions d’euros avant impôt après cinq ans, principalement en évitant des doublons de coûts. L’optimisation des dépenses d’investissement est estimée, en moyenne, à environ 80 millions d’euros d'économies par an, dès la première année.
Vers une double cotation à Paris et à Londres
La nouvelle entité restera cotée sur Euronext Paris et demandera à être admise au segment standard du London Stock Exchange. «L’entité combinée aura une structure d’actionnariat équilibrée, avec un flottant substantiel, des actionnaires publics de référence et des investisseurs privés qui la soutiennent», a assuré Eutelsat, alors que la transaction prévue est «pleinement soutenue par les actionnaires stratégiques des deux entités».
Côté gouvernance, Dominique D’Hinnin, l’actuel président du conseil d’administration d’Eutelsat, sera proposé comme président du conseil d’administration de l’entité fusionnée, qui comptera 15 membres, et Sunil Bharti Mittal, le président de OneWeb, comme vice-président. Eva Berneke continuera d’assumer les fonctions de directrice générale qu’elle occupe actuellement chez Eutelsat.
L’opération sera soumise aux autorités réglementaires compétentes, aux instances représentatives du personnel d’Eutelsat pour un processus d’information-consultation et à l’approbation des actionnaires du groupe français lors d’une assemblée générale extraordinaire qui devrait avoir lieu d’ici à la fin du premier semestre 2023.
«La réalisation de la transaction est prévue d’ici à la fin du premier semestre 2023», a ajouté Eutelsat.
Plus d'articles du même thème
-
STMicroelectronics veut prolonger le mandat de son patron jusqu'en 2028
Le président du directoire et directeur général du groupe, Jean-Marc Chéry, avait été reconduit à la tête de STMicroelectronics pour trois ans en 2024. -
MPS continue de défendre son projet industriel face à l’offre d’Intesa
A l’issue d’un conseil d’administration extraordinaire, la banque de Sienne a exprimé ses réserves à l’égard de l’offre de la principale banque italienne, sans toutefois annoncer de contre-mesures défensives. -
Publicis confirme ses objectifs après un trimestre meilleur que prévu
Confortés par le gain d'importants contrats, les dirigeants du géant de la publicité estiment en outre que leur groupe est en position de surperformer de nouveau son marché en 2027.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- Les banques européennes chutent avec le rebond des taux souverains
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
Intelligence artificielleLes 100 qui font l'IA en Europe (2026) : les penseurs
Avec le cabinet de conseil Oliver Wyman, l'Opinion révèle les 12 personnalités de l'IA de la catégorie « penseurs ». Ils se sont distingués cette année pour avoir fait avancer les sciences et la réflexion autour de l'intelligence artificielle, d'un point de vue académique, éthique ou sociétal -
DynastieDroits de succession : les transmissions d'entreprises dans le viseur
Au nom de la sauvegarde de l'emploi, les transmissions d'entreprises sont très peu taxées outre-Rhin. -
L'énergie du désespoirMidterms : le deal du diesel russe arrive peut-être trop tard pour Donald Trump
Le président américain cherche à tout prix à calmer la flambée des prix des carburants aux Etats-Unis avant le 3 novembre. Mais la fenêtre pour y parvenir se referme déjà