Eutelsat casse sa tirelire pour acheter le potentiel de croissance du mexicain Satmex
En panne de croissance sur ses marchés historiques, et après avoir une nouvelle fois abaissé son objectif de chiffre d’affaires annuel, Eutelsat cherche un nouveau souffle grâce aux acquisitions. L’opérateur de satellites de télécommunications va mettre la main sur le groupe mexicain Satmex, pour un montant de 831 millions de dollars, auquel s’ajoutent 311 millions de dollars de reprise de dette nette, soit une valeur d’entreprise de 1,12 milliard d’euros. Le groupe financera l’opération en numéraire, grâce à l’obtention de nouvelles facilités de crédit auprès de ses banques.
Après l’acquisition, sa dette nette représentera 3,3 fois l’Ebitda, mais passera temporairement au-dessus de ce seuil du fait des importants investissements en cours (550 millions d’euros par an). L’objectif est de faire redescendre le ratio à 3,3 fois à long terme. Pour cette opération, qui constitue l’une de ses plus importantes acquisitions, Eutelsat était conseillé par Perella Weinberg et par les cabinets d’avocats Debevoise & Plimpton et Mijares, Cortes y Fuentes. Satmex était épaulé par Goldman Sachs.
Le prix payé par Eutelsat représente 9,7 fois l’Ebitda de Satmex au 31 mars 2013, en excluant 100 millions d’euros de pertes fiscales reportables. Un multiple près de deux points supérieur à celui d’Eutelsat. Le groupe français assure que l’opération offrira un taux de retour sur investissement à deux chiffres, conforme à ses autres investissements. En revanche, si elle doit permettre de nourrir la croissance du chiffre d’affaires d’Eutelsat, l’intégration de Satmex pèsera sur la marge opérationnelle du groupe dans un premier temps.
Satmex exploite trois satellites qui couvrent 90% de la population du continent américain. Mais sa part de marché reste encore faible, 11% en Amérique latine, et son activité est essentiellement concentrée sur les réseaux de données et les communications mobiles, à moindre marge. L’objectif d’Eutelsat est d’utiliser les positions orbitales de Satmex pour déployer une offre plus riche en chaînes de télévision au-dessus d’une région affichant un taux de croissance annuel moyen de 7% entre 2011 et 2016, selon Euroconsult.
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