Eurotunnel utilise sa trésorerie opportunément pour se désendetter
Eurotunnel continue de gérer activement sa dette. L’exploitant de la concession du tunnel sous la Manche a racheté en décembre 2011 une partie de ses obligations à taux variable pour un montant total de 34 millions d’euros (30 millions en euros et 3,2 millions en livres sterling). Ces titres, émis par Channel Link Enterprises Finance, la structure de titrisation de sa dette, ont été rachetés avec une décote de 10%. Avant cette opération, le groupe avait déjà racheté des obligations à taux variable pour 110 millions d’euros, 60% en livres sterling et 40% en euros, avec une décote moyenne de 11%.
Ces rachats permettent à Eurotunnel de neutraliser une partie des intérêts dus et génèrent un profit latent correspondant à la décote obtenue. Selon le groupe, les obligations rachetées en 2011 permettront d’économiser 3,8 millions d’euros de charges nettes d’intérêt en 2012. En 2010, le coût de l’endettement financier brut du groupe s’élevait à 255 millions d’euros. Au 30 juin 2011, la dette d’Eurotunnel s’élevait à 3,6 milliards d’euros.
L’exploitant du tunnel devrait poursuivre cette gestion active en 2012, mettant à profit les 345 millions d’euros de trésorerie dont il disposait au 30 juin 2011. Après les rachats de 2011, le stock d’obligations à taux variable s’élève à 878 millions d’euros pour celles libellées dans la monnaie unique, et à plus de 289 millions en livres sterling. Le groupe a tout intérêt à réduire son stock d’obligations. En effet, en l’absence d’un refinancement avant juin 2012 des tranches C1 et C2, qui regroupent les obligations à taux variable en euro et en dollar, une marge additionnelle de 2% sera applicable sur leur montant nominal respectif . La Société Générale estime l’impact de cette majoration à 27 millions d’euros en année pleine.
Quoi qu’il en soit, même si ce refinancement ne peut être mené à bien compte tenu des conditions de marché actuelles, Eurotunnel aura les moyens de faire face au surcoût éventuel. D’autant que d’un point de vue opérationnel, son activité pourrait profiter de la liquidation de SeaFrance. En difficulté depuis février 2009, le transporteur maritime était suspecté par ses concurrents de casser les prix du transport trans-Manche. Selon l’analyste de la Société Générale, en cas de cessation de SeaFrance, Eurotunnel pourrait récupérer 6,5% du total transporté par le groupe en 2011, ce qui porterait sa part de marché à près de 40% en 2012.
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