Eurofins Scientific va s’installer au Luxembourg dans l’indifférence générale

Seul un actionnaire a demandé le rachat de ses 312 actions. Proxinvest et l’AFG s’étaient prononcés contre ce transfert
Bruno de Roulhac

Victoire pour Eurofins Scientific. En marge de ses résultats annuels, le spécialiste de l’analyse des produits agroalimentaires et pharmaceutiques a annoncé le succès de son projet de transfert de son siège social de Nantes à Luxembourg. Cette initiative annoncée en septembre dernier restait suspendue à l’exercice du droit d’opposition par les actionnaires minoritaires. La société s’était réservé le droit de renoncer au transfert si les demandes de rachat de titres étaient trop élevées «compte tenu des liquidités disponibles et de l’impact déraisonnable de ces demandes sur la structure financière du groupe».

Or, un seul actionnaire a demandé le rachat de ses... 312 actions. Ce dernier a jusqu’au 13 mars prochain pour accepter l’offre de rachat d’Eurofins, fixée à 63,20 euros par action, la borne la plus haute des deux fourchettes d’estimation réalisée par des experts indépendants: de 58,20 à 60,70 euros pour Howarth Audit France, et de 56,20 à 63,20 euros pour Ricol Lasteyrie. Cet actionnaire devrait préférer céder ses titres sur le marché, l’action Eurofins clôturant au-dessus de ce niveau depuis le 8 février dernier. Elle a fini hier la séance à 69,50 euros.

Dès le début de l’année, Proxinvest et l’AFG s’étaient prononcés contre cette délocalisation du siège social. Le premier fustigeait «une décision opportuniste et sans justification donnée», tandis que l’Association française de gestion évoquait un transfert «sans que les actionnaires puissent être convaincus par les arguments avancés». Les deux spécialistes soulignent en outre la gouvernance a minima de la législation luxembourgeoise, d’autant qu’Eurofins a instauré des parts bénéficiaires permettant de «reconstituer un schéma similaire à celui des droits de vote double», notait l’AFG.

Pourtant, l’AG du 11 janvier dernier d’Eurofins avait voté à près de 85% des voix le transfert du siège social à Luxembourg, le PDG Gilles Martin et sa famille détenant 45,5% du capital et 61,9% des droits de vote. Toutefois, compte tenu d’un quorum de 76%, près de 60% des minoritaires ont voté contre cette délocalisation juridique.

Le 26 mars prochain, Sword proposera également à ses actionnaires de voter le transfert de son siège social à Luxembourg. L’expert indépendant, Penthièvre Finance, devrait remettre son rapport dans les prochains jours. La société de services informatiques avait déjà tenté sans succès cette opération en décembre 2009.

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