Etihad Airways veut renforcer sa présence capitalistique en Europe

La compagnie des Emirats Arabes Unis serait intéressée par un rachat de la participation de 29,8% détenue par Ryanair dans Aer Lingus
Yves-Marc Le Reour

La crise en Europe ne semble pas gêner les ambitions d’Etihad Airways sur le Vieux Continent. Le transporteur aérien d’Abou Dhabi met en œuvre une stratégie d’expansion qui l’a déjà conduit à prendre des participations dans Air Berlin, Air Lingus, Virgin Australia ou Air Seychelles. Soucieuse de développer son réseau international, la compagnie des Emirats Arabes Unis a également conclu 36 accords de partage de vols et négocie actuellement en ce sens avec Air France-KLM.

Interrogé sur les ambitions de croissance externe d’Etihad, le directeur général James Hogan a indiqué que le transporteur songeait à prendre une participation stratégique dans «encore une ou deux» compagnies en Europe. Il n’a pas caché vouloir renforcer son influence dans la compagnie nationale irlandaise Aer Lingus dont Etihad détient 3% du capital et serait «très content d’engager des discussions» avec Ryanair qui éprouve des difficultés à prendre le contrôle d’Aer Lingus dont il possède 29,8% du capital.

La direction d’Aer Lingus a en effet exprimé sa forte opposition face à une possible reprise par sa rivale irlandaise à bas coût, invoquant un veto probable des autorités européennes qui avaient déjà bloqué une précédente tentative de rachat par Ryanair en 2007. D’autre part, un tribunal a rejeté la semaine dernière une action en justice de Ryanair visant à bloquer une enquête lancée par le régulateur britannique afin de déterminer l’impact sur le trafic aérien de sa participation dans Aer Lingus. Au cours actuel, la décote du titre Aer Lingus s’élève actuellement à 17,5% par rapport au prix de rachat de 1,30 euro par action offert en juin dernier par Ryanair qui valorise sa cible 694 millions d’euros.

«Dublin est une destination rentable pour nous», estime James Hogan qui se dit désireux de renforcer le partenariat avec Aer Lingus. La compagnie du Golfe a également mené des discussions en vue de reprendre la participation de 25% détenue par le gouvernement irlandais, sachant qu’un investisseur non-européen n’est pas autorisé à prendre une participation majoritaire dans une compagnie aérienne en Europe. James Hogan ne voit «pas beaucoup d’autres opportunités» susceptibles de correspondre à la stratégie de développement d’Etihad qui a exclu tout investissement capitalistique dans des «méga-transporteurs» ou des compagnies du continent américain.

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