Etam répond à ses minoritaires en leur offrant une porte de sortie
Trois ans après avoir racheté 26,5% de son capital via une offre publique de rachat d’actions, Etam Développement offre une nouvelle fenêtre de liquidité à ses actionnaires. Le groupe de lingerie – détenu par les familles Milchior (52,9% du capital), Tarica (14,5%) et Lindemann, via les holdings Inteco et Linto (14,4%) – propose d’acquérir la totalité du flottant, à travers deux offres publiques d’achat simplifiées (Opas) au prix de 23 euros par action, soit une prime de 31% sur un mois. Les projets d’offres sont déposés ce matin auprès de l’AMF.
«Nous offrons une porte de sortie, à la demande de certains de nos actionnaires, mais aussi en raison des chantiers du groupe qui mettront du temps à porter du fruit, explique à L’Agefi Laurent Milchior, co-gérant et directeur opérationnel d’Etam. En Chine, nous nous donnons trois ans pour restaurer l’image d’Etam et redéployer le réseau». De fait, «le problème chinois mettra du temps à se résoudre dans un marché en mutation rapide, ce qui ne milite pas pour une revalorisation importante du titre à court terme», note Gilbert Dupont, en conseillant d’apporter ses titres.
Dans un premier temps, la société Finora (détenue par la famille Milchior) lancera une offre sur la totalité des actions non détenues par le concert Milchior-Tarica, soit 32,11% du capital. En réalité 17,7% du capital, la famille Lindemann ayant manifesté son intention de ne pas apporter ses titres.
Dans un second temps, Etam lancera une Opas, dans le cadre de son programme de son rachat d’actions de 10% du capital, au même prix de 23 euros. Sur les actions acquises dans le cadre de l’Opas, Finora s’est engagée à conserver au moins 5% du capital, mais au-delà, la holding familiale pourra apporter ses titres.
«Afin que les actionnaires ne soient pas réduits dans l’apport de leurs titres, nous débutons par l’offre de Finora, qui bénéficiera d’un règlement-livraison de trois jours, contre dix jours pour l’offre d’Etam, ajoute Laurent Milchior. De plus, une partie de la charge financière pèsera sur Finora et non intégralement sur la société». Le rachat de 10% du capital représente plus de 18 millions d’euros à débourser. «Nous n’envisageons pas de retrait de la cote, poursuit Laurent Milchior. D’une part, la famille Lindemann ne nous l’a pas signalé, voulant probablement conserver sa participation liquide. D’autre part, nous ne voulons pas forcer nos actionnaires à apporter leurs titres».
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