EssilorLuxottica désoriente le marché en s’offrant la marque de mode Supreme
C’est une acquisition dont l’intérêt immédiat ne saute pas aux yeux. Le fabricant de montures et de verres correcteurs EssilorLuxottica a indiqué mercredi avoir signé un accord portant sur l’acquisition de la marque new-yorkaise Supreme auprès du groupe VF (Van’s, The North Face...) pour 1,5 milliard de dollars (environ 1,4 milliard d’euros) en numéraire. En réaction à cette annonce, l’action du groupe d’optique a reculé de 4,5 % à la Bourse de Paris mercredi, à 189,8 euros.
L’acquisition de Supreme, un spécialiste des vêtements et accessoires de mode qui exerce ses activités principalement en ligne et exploite un réseau de 17 magasins aux Etats-Unis, en Asie et en Europe, devrait être bouclée avant la fin 2024, a indiqué EssilorLuxottica dans un communiqué.
«Nous voyons une opportunité incroyable à intégrer une marque emblématique telle que Supreme au sein de notre groupe. Parfaitement en ligne avec notre parcours d’innovation et de développement, cette acquisition nous offre un accès direct à de nouveaux publics, modes d’expression et approches créatives», ont réagi dans un communiqué Francesco Milleri, PDG, et Paul du Saillant, directeur général délégué d’EssilorLuxottica. Fondé en 1994 en plein cœur de Manhattan à New York, Supreme est une marque emblématique de la culture «skate».
A lire aussi : Hugo Boss confirme la mauvaise passe des valeurs du luxe
Une surprise
Pour les analystes de Bernstein, cette opération est une «surprise étant donné qu’elle semble extérieure à la zone de confort» d’EssilorLuxottica et que les marques de streetwear sont actuellement moins prisées par les consommateurs dans le monde entier. EssilorLuxottica décèle peut-être dans Supreme un potentiel similaire à celui de la marque Oakley, qui a une «exposition importante aux produits autres que les lunettes, tels que les vêtements et les sacs à dos», ajoutent ces analystes.
Conseillé à l’achat par JPMorgan et Latham & Watkins, le groupe franco-italien pourra en dire davantage à l’occasion de la publication de ses résultats du deuxième trimestre, le 25 juillet.
Dans un communiqué distinct, EssilorLuxottica a également annoncé avoir signé un accord pour acquérir une participation de 80% dans Heidelberg Engineering, une société allemande spécialisée dans les solutions informatiques de santé au service de l’ophtalmologie médicale. Le montant de cette transaction, qui devrait être finalisée au second semestre de 2024, n’a pas été communiqué.
A lire aussi : Le M&A retrouve son élan au premier semestre 2024
Plus d'articles du même thème
-
Allspring Global Investments envisage une vente
La société de gestion américaine étudie une cession qui pourrait la valoriser à environ quatre milliards de dollars. -
EXCLUSIFLes acteurs du M&A repassent à l’offensive en Europe
Près des deux tiers du marché anticipent une hausse des opérations au cours des douze prochains mois, portée par la digitalisation et un regain d’intérêt pour les actifs décotés. -
Amundi finalise son partenariat capitalistique avec ICG
Amundi prend 9,9 % du capital d'ICG, ce qui représente un investissement d'environ 620 millions d'euros.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
Contenu de nos partenaires
-
Train fantômePrésidentielle : la campagne otage des crises
Hausse des prix des carburants, risques financiers et sociaux, menace russe, réchauffement climatique... Emmanuel Macron met en garde son successeur à venir dans un climat anxiogène -
DésavoeuAllemagne : malgré de nouveaux revers électoraux, Merz persiste et signe sur les réformes
La CDU a pris le bouillon en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et pourrait perdre la mairie de Berlin -
EditorialL'autodestruction de France Inter
Il devient limpide que, inspirée par la gauche radicale, France Inter pratique un pluralisme de pacotille, triant de son propre chef entre adversaires légitimes ou à excommunier, au nom de la lutte antifasciste