Essilor prend seul les commandes du numéro un mondial des verres photochromiques
Le titre Essilor a affiché hier avec un bond de 6,18%, à 85,62 euros, la plus forte hausse des valeurs de l’indice CAC 40. Les opérateurs ont ainsi salué l’annonce du rachat auprès du groupe chimique américain PPG Industries des 51% du capital de Transitions Optical non encore détenus par le français. Complétée par l’acquisition de 100% du capital d’Intercast, spécialiste des verres solaires basé à Parme en Italie, la transaction s’élève à 1,9 milliard de dollars (1,73 milliard à sa finalisation prévue au premier semestre 2014 et 125 millions de paiements différés sur cinq ans). Les deux groupes avaient annoncé en janvier avoir «entamé des discussions» concernant l’«avenir» de Transitions Optical.
L’opération est stratégique car elle permet à Essilor de passer seul aux commandes de l’inventeur du verre organique à teinte variable, ou photochromique. Basé en Floride et ayant grandi depuis vingt-trois ans sous la houlette conjointe des groupes français et américain, Transitions Opticals a réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 814 millions de dollars (celui d’Intercast s’est élevé à 34 millions).
Les analystes ont été sensibles à l’argumentaire financier de la transaction. Il s’agit selon le PDG d’Essilor, Hubert Sagnières, «pour nos actionnaires, d’un investissement peu risqué», se situant «dans la droite ligne de la stratégie du groupe» en le renforçant sur un segment photochromique «qui croît deux fois plus vite que l’industrie de l’optique, en particulier en Asie, en Amérique latine et en Europe».
Aux yeux de Charles Bunch, directeur général de PPG, Transitions Optical «se portera mieux au sein d’un groupe dédié à l’optique, étant donné l’évolution rapide du secteur». Le groupe américain restera selon Essilor «un partenaire de premier plan» par la fourniture de pigments et de prestations de recherche et développement.
Hubert Sagnières a promis «une amélioration significative de la rentabilité » d’Essilor. Le groupe vise particulièrement un effet positif sur le bénéfice par action dès la première année d’intégration et d’au moins 5% pour les années suivantes ainsi qu’un impact positif voisin de 0,5 point sur sa croissance organique à partir de la troisième année. L’acquéreur souligne qu’à la finalisation de cette opération financée par sa trésorerie disponible et des financements à moyen terme le ratio d’endettement sur fonds propres restera inférieur à 40%.
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