Ericsson ne profite pas des fusions-acquisitions entre opérateurs de télécoms
Le marché américain n’est plus ce qu’il était pour Ericsson. Porté jusqu’à présent par le déploiement des réseaux 4G de quatre grands opérateurs mobiles du pays (AT&T, Verizon, Sprint et T-Mobile US), le groupe suédois a violemment ralenti au dernier trimestre 2014. Son chiffre d’affaires consolidé ressort à 68 milliards de couronnes suédoises au quatrième trimestre (7,3 milliards d’euos), 2 milliards de moins que le consensus, et 2% de moins qu’un an auparavant à taux de change constant.
Aux Etats-Unis, les revenus dans la seule activité de réseaux ont chuté de 27% d’un trimestre à l’autre. A l’inverse, en retard de cycle, l’Europe permet à Ericsson d’y accroître de 51% son chiffre d’affaires entre le troisième et le quatrième trimestre.
En plus de leur agenda industriel, les opérateurs de télécoms n’ont pas la tête aux investissements. «L’activité a encore ralenti au cours du trimestre, les opérateurs continuant de privilégier l’optimisation des cash-flows afin de financer d’importantes acquisitions et les enchères de fréquences», a expliqué la direction d’Ericsson dans un communiqué. Elle se veut extrêmement prudente et ne fixe aucun objectif pour 2015, si ce n’est de poursuivre le plan de réduction des coûts engagé l’an dernier.
Ericsson a indiqué en novembre vouloir économiser 9 milliards de couronnes supplémentaires par an d’ici à 2017. Pour cela, le premier équipementier mondial des télécoms comptabilisera des charges de restructuration de 3 à 4 milliards de couronnes en 2015, contre 1,5 milliard l’an dernier. Ses charges d’exploitation représentaient 26% de son chiffre d’affaires au dernier trimestre 2014, 3 points de plus que trois mois auparavant.
Egalement très présent aux Etats-Unis, Alcatel-Lucent pourrait lui aussi souffrir du ralentissement du marché américain. L’équipementier français doit présenter ses résultats annuels le 6 février. «Ericsson perd actuellement des parts de marché aux Etats-Unis, chez Sprint, aux dépens de Nokia. Sa performance n’est donc pas nécessairement représentative du marché dans son ensemble mais envoie évidemment un message de prudence avant les résultats», indiquent les analystes de Natixis. Nokia publiera ses résultats jeudi matin.
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