Eni répond aux exigences du gouvernement italien en cédant 30% de son réseau de gaz

La Caisse des dépôts italienne va débourser 3,51 milliards d’euros pour cette participation, laissant à Eni environ 20% du capital
Antoine Duroyon

C’est bien la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), la Caisse des dépôts italienne, qui s’invite au capital de Snam Rete Gas, la filiale de transport gazier d’Eni. Le conseil d’administration du géant pétrolier italien a donné mercredi son feu vert à la cession d’une participation de 30% moins une action. Cette opération vise à répondre au souhait du gouvernement italien, pressé par la Commission européenne, de renforcer la concurrence entre distributeurs de gaz. En vertu d’une loi poussée par le gouvernement de Mario Monti, Eni avait 18 mois pour céder au moins 25,1% de Snam Rete Gas. La CDP, présente au capital d’Eni à hauteur de 26,3%, était présentée par Rome comme «l’entité appropriée pour continuer d’assurer la stabilité de la base d’actionnaires de Snam Rete Gas».

A 3,47 euros par titre Snam Rete Gas, le montant proposé par la CDP représente une prime réduite par rapport au cours de clôture de mercredi (3,13 euros). L’organisme italien s’attend à verser 3,51 milliards d’euros au total, en trois tranches. La première, de 1,76 milliards d’euros, sera débloquée à la clôture de la transaction, tandis que deux autres, de 879 millions d’euros chacune, suivront d’ici le 31 décembre 2012 et pas plus tard que le 31 mai 2013.

La finalisation de l’opération, soumise à l’aval des autorités de la concurrence, est attendue entre le 15 octobre prochain et la fin de 2012. Pour financer cet investissement, la CDP récoltera 2 milliards d’euros grâce à la cession d’une participation de 3% dans Eni et procédera à la vente d’autres participations.

En ce qui concerne le solde de sa participation dans Snam Rete Gas (20% environ), Eni indique «avoir pris note» de la demande du gouvernement italien d’une cession sur le marché et auprès d’investisseurs institutionnels, à l’issue de la clôture de la transaction avec la CDP.

D’autres acteurs européens de l'énergie ont également donné du champ à leur réseau de transport gazier. C’est le cas d’E.On qui a fait part il y a deux semaines de la vente de son réseau allemand Open Grid Europe (OGE) à un consortium pour 3,2 milliards d’euros. L'été dernier, GDF Suez avait conclu, avec un consortium réunissant CNP Assurances, CDC Infrastructure et la Caisse des dépôts, un accord portant sur la cession de 25% de GRT Gaz pour 1,1 milliard d’euros.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...