Enel contraint de revoir ses ambitions pour la mise en Bourse d’EGP

La maison-mère d’Enel Green Power a retenu un prix d’introduction de 1,6 euro par action. 2,6 milliards d’euros vont ainsi être levés
Antoine Duroyon
Photo: Alessandra Benedetti/Bloomberg
Photo: Alessandra Benedetti/Bloomberg  - 

Plébiscitée par les investisseurs particuliers, qui y ont vu la promesse de dividendes (près d’un tiers du bénéfice net au minimum sera redistribué), l’introduction en Bourse d’Enel Green Power a été plus difficile à vendre aux institutionnels. Le groupe italien de services aux collectivités a indiqué samedi avoir retenu un prix d’introduction de 1,6 euro par action, soit la partie basse de la fourchette indicative (1,6 à 1,8 euro) abaissée pour la deuxième fois en l’espace de deux semaines. L’entrée en Bourse d’Enel Green Power (EGP), filiale d’énergies renouvelables, ne ramènera ainsi que 2,6 milliards d’euros, option de surallocation comprise, contre un montant d’au moins trois milliards d’euros évoqué au début du processus.

Enel cède jusqu’à 32,5% du capital de sa filiale, qui compte 5 milliards d’actions. Dans son communiqué, le groupe romain précise que la demande globale a porté sur 1,78 milliard de titres pour 1,415 milliard d’actions disponibles. Ce volume sera relevé de 210 millions de titres supplémentaires après l’exercice de la greenshoe par les banques participantes (Mediobanca, Intesa Sanpaolo, Credit Suisse, Goldman Sachs, Bank of America, JPMorgan, Morgan Stanley, UniCredit et BBVA). C’est le volet réservé aux particuliers – 15% de l’offre au minimum – qui a été le plus dynamique. Quelque 340.000 investisseurs en Italie et en Espagne ont réclamé environ 1,26 milliard d’actions EGP. Dans le même temps, la demande des institutionnels n’a porté que sur 520 millions de titres.

A 1,6 euro par action, l’offre valorise EGP autour de 8 milliards d’euros et lui donne, compte tenu d’une dette de 3 milliards d’euros, un ratio VE/Ebitda de 8,5 sur la base des résultats 2010 estimés. Un multiple modeste rapporté à celui de ses principaux comparables. Ainsi, l’espagnol Iberdrola Renovables ressort à un multiple de 10,3 tandis que le portugais EDP Renovaveis se traite à un niveau de 10,1 fois, selon UBS. En se voulant plus gourmand que ne le permettait la réalité des fondamentaux, Enel a vite été rappelé à l’ordre. Une autre société du secteur, l’exploitant américain de fermes éoliennes First Wind, a pour sa part été contraint d’annuler son IPO en fin de semaine dernière, après avoir lui aussi revu à la baisse sa fourchette de prix.

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