En chute de 8,5 %, Dia pâtit d’arbitrages en faveur de Carrefour
La première cotation de Dia, ancienne filiale discompte de Carrefour, à Madrid, n’a pas fait recette. Pour sa première cotation hier, l’action a cédé 8,5% à 3,2 euros. Une déception, alors que Carrefour avait fait le choix d’une introduction en bas de fourchette à 3,5 euros, valorisant le groupe à 2,4 milliards d’euros. Or Carrefour visait 3 milliards d’euros. Avec 18% du capital échangé, ce mouvement s’explique notamment par la pression vendeuse des fonds indiciels, dont le poids est estimé à 4,5% du capital, contraints de céder leurs actions Dia. En face, Carrefour a rebondi de 4,52% à 24,15 euros, cours ajusté de la scission de Dia.
Mais cette scission est passée presque inaperçue tant le dossier Carrefour contre Casino au Brésil ne cesse de s’envenimer. Carrefour doit maintenant faire face à l’assaut de Deminor. La société de conseil aux actionnaires considère que le distributeur a manqué à son devoir d’information du marché en taisant l’existence de discussions avancées avec le groupe Diniz. Deminor estime même que ce silence pourrait «être de nature à engager la responsabilité de la société et de ses administrateurs». A son habitude, l’AMF se contente de déclarer qu’elle «suit de près la communication financière des émetteurs concernés».
Fabrice Rémon, directeur général de Deminor, relève aussi le conflit d’intérêts des administrateurs de Blue Capital dans l’opération. Selon lui, ils n’auraient pas dû voter, tandis que les administrateurs indépendants auraient dû s’entourer de conseils extérieurs. Carrefour assure avoir respecté les règles en matière de conflits d’intérêts. En revanche, le distributeur ne répond pas à l’inquiétude de Deminor de voir le renforcement des pouvoirs de Blue Capital chez Carrefour et le possible transfert progressif du contrôle de la société.
Le dialogue de sourds avec Casino se poursuit. Carrefour ne se veut pas hostile, estimant que les accords liant le groupe stéphanois à Diniz ne comprennent aucune stipulation interdisant des discussions ou des négociations et qu’à ce jour, Casino «n’a invoqué aucune clause spécifique au soutien de ses affirmations». Mais pour Casino, «si Carrefour n’avait pas eu d’intention hostile à l’égard de casino, elle aurait à l’évidence informé de son projet Casino, en qualité de premier actionnaire de CBD». De plus, «la lettre et l’esprit» des accords entre Casino et Diniz «interdisent de telles négociations», appuie Casino.
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