Elliott International joue les trouble-fête dans l’OPA sur Celesio
Le rachat amical de l’allemand Celesio par le groupe de santé américain McKesson pour 6,1 milliards d’euros semblait relativement sûr lors de l’annonce de la transaction voici un mois. Mais la montée en puissance du fonds d’arbitrage Elliott International au capital du répartiteur pharmaceutique depuis début novembre pourrait changer la donne.
Dans un communiqué adressé aux autorités boursières allemandes (Bafin), Celesio a indiqué hier que la société contrôlée par l’investisseur américain Paul Singer détenait à la date du 19 novembre «25,16% des droits de vote, dont 6,05% par le biais d’obligations convertibles expirant entre octobre 2014 et avril 2018».
S’il est encore insuffisant pour bloquer de façon certaine l’opération, le niveau de ces droits de vote, qui s’élève à 21,05% en excluant les titres convertibles, constitue une menace pour McKesson. Ce dernier a besoin d’obtenir au moins 75% du capital sur une base totalement diluée pour boucler l’acquisition.
Faute de quoi le groupe américain sera dans l’incapacité de modifier les statuts de la cible ou de conclure avec elle un contrat de transfert des bénéfices, en dépit de l’engagement du principal actionnaire, la holding familiale Franz Haniel & Cie, de lui céder sa part de 50,01%. Selon l’accord négocié entre les deux parties, McKesson avait jusqu’au 21 novembre pour soumettre son projet de fusion à la Bafin.
Coutumier de ces irruptions au capital de sociétés faisant l’objet d’une offre, Paul Singer mise sur un relèvement de celle-ci ou sur l’ouverture de négociations avec le repreneur. En Allemagne, il s’était ainsi allié en 2003 à d’autres hedge funds pour s’inviter au capital du groupe familial de cosmétiques Wella, en passe d’être racheté par Procter & Gamble. Plus récemment, il a cherché à entraver en septembre la reprise du câblo-opérateur Kabel Deutschland par Vodafone.
Reste à savoir comment va évoluer le rapport de force entre McKesson et Elliott. Ce dernier pourrait chercher un appui de la part du fonds d’investissement BlackRock qui détenait mi-novembre un peu plus de 3% des droits de vote du groupe allemand. Alors que McKesson prévoit un prix unitaire de rachat de 23 euros, l’action Celesio a progressé hier de 0,5% pour terminer la séance à 23,5 euros, ce qui tend à prouver que le marché croit en une amélioration des conditions de l’offre.
Plus d'articles du même thème
-
DWS affiche une nouvelle collecte record de 31 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
Sur neuf mois, les flux de la filiale de gestion de Deutsche Bank sont supérieurs aux flux annuels de chaque exercice depuis son introduction en Bourse en 2018. -
Plusieurs institutionnels participent au lancement du fonds Avenir Souveraineté
Soutenu par un haut conseil pour la souveraineté, ce fonds de dotation d’intérêt général aura pour mission d’œuvrer en faveur de la souveraineté en France et en Europe. -
BNPP AM collecte 31 milliards d’euros sur les 9 premiers mois de l’année 2026
Sur le seul troisième trimestre, la collecte est ressortie à 8,4 milliards d’euros. Les encours de la gestion d'actifs de BNP Paribas ressortent à 1.689 milliards d’euros, en hausse de 4,9 % sur un an.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
DiagnosticProgressisme contre illibéralisme : les leçons de Jean-Christophe Cambadélis
Grand défenseur de la social-démocratie, l'ancien dirigeant du PS explique pourquoi le progressisme perd sa centralité et les élections face au national-populisme -
Benjamin Netanyahu en tête, aucune majorité claire : tout savoir des résultats des élections en Israël
Ce mercredi matin, la moitié des bulletins étaient dépouillés et la coalition de droite menée par Benjamin Netanyahu serait en tête avec 56 sièges, contre 49 pour celle d’opposition de Gadi Eisenkot, sachant qu’il faut 61 sièges pour avoir une majorité absolue à la Knesset -
L'air du largeA Bonn, ex-capitale de Guerre froide qui s’inquiète pour l’avenir
De retour de l'ancienne capitale allemande, notre chroniqueur y a constaté l'inquiétude des europhiles, notamment sur l'état des relations franco-allemandes