Elior revient en Bourse avec une valeur quasiment doublée
Le retour en Bourse d’Elior s’annonce bénéfique pour Charterhouse, Chequers Capital et Robert Zolade, les actionnaires qui avaient organisé en 2006 le retrait de la cote du numéro deux français de la restauration collective derrière Sodexo. Les analyses financières des banques en charge du placement, et qu’a consultées L’Agefi, valorisent le groupe entre 4,1 et 5,9 milliards d’euros en valeur d’entreprise, en tenant compte des 2,2 milliards d’euros de dette nette encore au bilan à fin mars 2014, soit une valeur médiane de 5 milliards. Elle représente 11 fois l’Ebitda pour 2014. En 2006, le retrait de la cote avait été réalisé avec une valeur d’entreprise de 2,25 milliards d’euros. Les valorisations n’intègrent pas la décote de 10% à 15% traditionnellement offerte lors d’une IPO.
La borne haute de 5,9 milliards d’euros post-IPO, c’est-à-dire avec les 715 millions d’euros de fonds propres qu’Elior devrait lever grâce à l’émission de nouvelles actions, est calculée par Deutsche Bank selon la méthode de l’actualisation des cash flows. Elle intègre 0,2 à 0,5 milliard d’euros apportées par les acquisitions auxquelles Elior prévoit de procéder dans les prochaines années. Le groupe s’est donné pour cela un budget de 450 millions sur trois ans. Il vise principalement les Etats-Unis. Le rachat l’an dernier de THS a donné à Elior une base de revenus de l’ordre de 440 millions de dollars mais le groupe compte la doubler à moyen terme. Selon JPMorgan, qui ne fournit pas de fourchette de valorisation pour Elior, les 450 millions d’euros d’acquisitions pourraient accroître de 11% à 14% l’Ebitda du groupe à l’horizon 2017.
Kepler Cheuvreux, dont la fourchette de valorisation oscille entre 4,3 et 4,7 milliards d’euros, estime pour sa part la valeur additionnelle à venir des acquisitions entre 0,2 et 0,3 milliard. Et la baisse du coût moyen pondéré du capital après l’IPO permettra d’ajouter entre 0,1 et 0,2 milliard d’euros de valeur supplémentaire.
Après l’IPO, la dette d’Elior devrait tomber à 1,47 milliard d’euros, appuient les analystes de JP Morgan, soit 3,3 fois l’Ebitda, contre 4,9 fois lors de la clôture des comptes 2012-2013. Les fonds levés devraient servir à rembourser 35% de la dette high yield, pour environ 130 millions d’euros, ce qui réduira dès la première année la charge d’intérêt de 8 millions. L’amélioration du ratio de levier aura également un effet bénéfique du même ordre sur les charges financières.
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