Elan se démène pour conserver son indépendance face à Royalty Pharma

Le laboratoire verse un milliard de dollars à Theravance pour une part des redevances de plusieurs traitements respiratoires en développement
Benoît Menou

Le laboratoire pharmaceutique irlandais Elan choisit la solution offensive pour conserver son indépendance. Alors que ses actionnaires ont jusqu’au 31 mai pour apporter leurs titres à l’offre hostile de Royalty Pharma, qui valorise sa cible à quelque 5,7 milliards de dollars, Elan a dévoilé hier un accord majeur de partage de revenus avec Theravance concernant quatre traitements des maladies respiratoires actuellement en cours de développement.

En l’occurrence, Elan a convenu de verser un milliard de dollars pour recevoir 21% des redevances futures perçues par Theravance de la part de GlaxoSmithKline, co-développeur des produits (et détenteur de 27% du capital de Theravance). Le premier des produits concernés, le Breo, vient tout juste de recevoir l’agrément de l’autorité américaine des médicaments (la FDA), et pourrait selon Piper Jaffray générer des ventes annuelles allant jusqu'à 4 milliards de dollars. Theravance devrait percevoir 15% des 3 premiers milliards, 5% au-delà. Les redevances reçues par Theravance pour les trois autres produits sont prévues entre 5 et 20% des ventes.

Le directeur général d’Elan, Kelly Martin, a clamé hier que l’alliance nouée avec Theravance n’a rien à voir avec l’offre en cours de Royalty Pharma, qu’il continue à juger peu crédible. Un sentiment partagé selon le dirigeant par l’ensemble des actionnaires avec lesquels il s’est récemment entretenu. A 11,78 dollars en clôture vendredi en Bourse de New York, le cours du titre Elan est certes supérieur à l’offre hostile de 11,25 dollars vigoureusement rejetée le mois dernier. L’offre est qui plus est conditionnée à l’apport de 90% des titres.

En dépit du discours du patron d’Elan, les observateurs faisaient bien le lien hier entre les opérations. Elan, qui a déjà bouclé un plan de rachat d’actions d’un milliard de dollars, promet d’ailleurs à ses actionnaires sous forme de dividende semestriel 20% des sommes reçues de Theravance. Et Kelly Martin de promettre la signature d’autres accords cette année.

L’accord de partage du risque et des profits noué avec Theravance «n’est qu’une pièce du puzzle», de la diversification souhaitée par le dirigeant, qui assure fourmiller de projets pour garantir à ses actionnaires une création de valeur à long terme. Des actionnaires qui seront formellement appelés à valider le projet avec Theravance dans un délai de 35 jours.

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