Egis s’offre un morceau du gâteau des concessions aéroportuaires au Brésil

Alors que le groupe français d’ingénierie va participer à l’extension de l’aéroport de Viracopos-Campinas, ADP restera sur le tarmac
Antoine Duroyon

Avec en ligne de mire le Mondial de football 2014 et les Jeux olympiques 2016, le Brésil fait face à un gigantesque défi de modernisation de ses infrastructures. C’est dans cette perspective que le gouvernement a attribué hier une série de concessions aéroportuaires d’une valeur globale de 24,5 milliards de réaux (10,9 milliards d’euros). Un montant plus de quatre fois supérieur à l’objectif initialement fixé ! «Le problème avec ces projets aéroportuaires est que les marges bénéficiaires seront faibles», a commenté Leonardo Nitta, analyste chez Banco do Brasil SA.

Cela n’a pas empêché le groupe d’ingénierie français Egis, filiale à 75 % de la Caisse des Dépôts et à 25 % de Iosis Partenaires, de participer aux enchères. Associé au groupe brésilien Triunfo Participaçoes, Egis Airport Operation collaborera à l’extension de l’aéroport de Viracopos-Campinas, près de Sao Paulo. Le consortium versera 3,8 milliards de réaux pour gérer le site pendant trente ans.

ADP était également en lice. Mais l’offre du groupe français, qui faisait équipe avec l’aéroport de Schipol (Amsterdam) et deux partenaires brésiliens, n’a pas été couronnée de succès. Deux autres concessions ont été attribuées : l’aéroport de Guarulhos (Sao Paulo) aux brésiliens Invepar et OAS, en partenariat avec le sud-africain ACSA, ainsi que celui de Brasilia à un consortium mené par Engevix Engenharia.

Le gouvernement brésilien continuera de jouer un rôle dans la modernisation des aéroports en conservant une participation de 49% au sein de chaque concession. Il participera également au financement des chantiers via la banque publique de développement BNDES. Brasilia est soumis à rude épreuve pour relancer des infrastructures vieillissantes, alors que le trafic de passagers a bondi de 118% entre 2003 et 2011.

Gustavo do Vale, un ancien responsable de la banque centrale brésilienne aujourd’hui à la tête de l’autorité aéroportuaire Infraero, a réaffirmé hier que le gouvernement n’interférerait pas dans la gestion des aéroports. Le responsable du bureau de l’aviation civile, Wagner Bittencourt, a indiqué de son côté que la présidente Dilma Roussef n’avait pas encore pris de décision concernant la mise aux enchères éventuelle d’autres sites clés, tels que l’aéroport international de Rio.

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