EDF se retire de la course pour entrer au capital du portugais EDP

Le groupe ne déposera pas d’offre sur les 21,5 % mis en vente par Lisbonne. L’investissement n’aurait pas permis de tisser de réels liens industriels
Olivier Pinaud

EDF se retire de la course à l’entrée au capital d’Energias de Portugal (EDP). Le groupe ne déposera finalement pas sa candidature pour racheter le bloc de 21,5% mis en vente par l’Etat portugais pour contribuer au désendettement du pays dans le cadre du plan d’aide accordé par le FMI et l’Union européenne, a appris L’Agefi de source proche du dossier. Après plusieurs semaines d’analyses, l’électricien français a récemment renoncé à concourir alors que les offres doivent être remises au gouvernement portugais aujourd’hui. Aux cours de l’action EDP hier à la Bourse de Lisbonne, le montant du bloc mis aux enchères est valorisé 1,89 milliard d’euros.

Selon la même source, EDF ne souhaitait pas investir au capital d’EDP dans une logique purement financière. Or, même si elle lui aurait permis d’obtenir une représentation au conseil d’administration de son homologue portugais, la participation de 21,5% n’aurait pas été assortie de véritables liens industriels. Pas question dans ces conditions d’immobiliser près de 2 milliards d’euros, a estimé la direction du producteur d’électricité français.

Si Lisbonne a besoin d’argent, le gouvernement souhaite malgré tout garantir l’indépendance d’EDP. «Le gouvernement devrait privilégier les offres les plus élevées et celles provenant de sociétés prêtes à maintenir la structure actuelle du groupe», indiquaient récemment les analystes de JPMorgan. Premier employeur privé du Portugal avec plus de 7.300 salariés, EDP est également considéré par Lisbonne comme son principal atout industriel pour attirer les investissements dans le pays. L’Etat détient via différentes structures publiques ou parapubliques 25,05% de son capital. EDP a été introduit en Bourse en juin 1997.

La position de Lisbonne exclurait de fait les autres électriciens européens, comme EDF, mais aussi l’allemand E.ON, l’espagnol Iberdrola qui détient déjà 6,79% du capital, et GDF Suez. Hier, le groupe tentait de faire durer le suspense en indiquant «n’avoir toujours pas pris sa décision». Le grand favori pour le rachat du bloc est Eletrobras. Le directeur général du groupe d’électricité brésilien a réaffirmé publiquement il y a dix jours son intérêt pour le bloc et a assuré avoir le soutien de la banque nationale brésilienne du développement pour financer l’acquisition. Et EDP exploite au Brésil des actifs de production et de distribution d’électricité.

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