EDF se finance sur le marché obligataire à un taux historiquement bas
A 16,31 euros hier, et malgré un rendement de 7%, les actions EDF ont toujours du mal à trouver preneur. En revanche, la dette obligataire du producteur d’électricité fait partie des plus recherchées en Europe. Le groupe a placé hier 2 milliards d’euros d’obligations à 10,5 ans, à un taux annuel de 2,75%, à comparer au coupon moyen de la dette brute de 4,1% au 30 juin 2012. Selon Stéphane Tortajada, le directeur du financement et des investissements d’EDF, «il s’agit du coupon le plus bas jamais obtenu par EDF, quelle que soit la maturité».
Cette émission est la deuxième plus importante de l’année en Europe, après celle de 2 milliards d’euros également réalisée par EDF en janvier. En ajoutant celle de mars, le groupe français a placé 5,5 milliards d’euros d’obligations cette année, ce qui en fait le plus gros émetteur français et le deuxième européen derrière Volkswagen.
En plus de profiter de l’appétit des investisseurs pour les obligations corporate, EDF a bénéficié de la confirmation de sa notation avant-hier par S&P, à A+, avec perspective stable. «EDF est aujourd’hui l’acteur le mieux noté du secteur européen des utilities. Ceci a contribué à convaincre les investisseurs allemands ou suisses, alors que d’autres groupes d’énergie en Europe sont passés de la catégorie A à celle de BBB», explique Stéphane Tortajada.
Cette émission a ainsi permis de faire rentrer de nouveaux investisseurs et d’élargir la base d’obligataires. Autre satisfaction du groupe, les conditions de financement sont nettement plus favorables que celles obtenues hier par l’italien Enel pour une émission à 7 ans à 4,875%. Les titres placés par EDF visent à refinancer à plus de 10 ans les échéances à venir de l’italien Edison, sur lequel le groupe français vient d’achever son offre publique.
Cette opération porte la maturité moyenne pro forma de la dette d’EDF à 8,7 années au 30 juin 2012. Le stock de dette obligataire s’élève à 44,6 milliards d’euros, pour une dette brute de 62 milliards et une dette nette de 39,8 milliards. «Nous n’avons pas de besoin spécifique mais nous restons opportunistes et surveillons les évolutions du marché», indique Stéphane Tortajada.
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