EDF renonce à Edipower pour enfin mettre la main sur Edison

Le français montera de 50% à 80,7% au capital d’Edison pour 700 millions d’euros. Il lancera une OPA sur le solde à 0,84 euro par action maximum
Bruno de Roulhac
L'ancien logo d'Edison. Photo: Gianluca Colla/Bloomberg
L'ancien logo d'Edison. Photo: Gianluca Colla/Bloomberg  - 

Enfin! Après des mois de bataille, EDF acquiert Edison. Pour parvenir à cet accord préliminaire, l’électricien français a accepté de céder aux conditions de ses partenaires italiens. La semaine dernière, Graziano Tarantini, président du conseil de surveillance d’A2A, actionnaire majoritaire de Delmi, avait lancé un ultimatum: «Edison à EDF et Edipower à Delmi.» Il a obtenu gain de cause, alors que dans le projet précédent, un temps accepté par les actionnaires italiens, EDF conservait les centrales à gaz d’Edipower.

Désormais, EDF reprendra les 50% non encore détenus de Transalpina di Energia (TdE) –soit indirectement 30,65% d’Edison– auprès de Delmi, pour environ 700 millions d’euros, valorisant implicitement l’action Edison à 0,84 euro. Il détiendra ainsi, directement et indirectement, 80,7% d’Edison. Dans la foulée, EDF lancera une offre publique obligatoire sur Edison à condition que la Consob, le régulateur boursier italien, accepte que le prix offert ne soit pas supérieur à 0,84 euro par action. Le solde du capital est détenu par Carlo Tassara, holding de Romain Zaleski, à hauteur de 10%, le reste étant du flottant. EDF a déjà précisé qu’Edison resterait coté, mais a refusé de se prononcer sur une éventuelle augmentation de capital d’un milliard d’euros évoquée sur le marché mi-décembre.

Parallèlement, Delmi rachètera les participations d’Edison (50%) et du suisse Alpiq (20%) dans Edipower, pour respectivement 600 millions d’euros et 200 millions. Edison s’engage à fournir à Edipower au moins 50% de ses besoins en gaz pour les six prochaines années.

Ces engagements préliminaires devront être transformés en accords définitifs au plus tard le 15 février 2012. A2A s’est félicité de l’intégration d’Edipower, donnant naissance au deuxième groupe italien de production d’électricité, derrière Enel.

De son côté, EDF a tenu à relativiser la portée de sa concession. «Edison détient aujourd’hui une participation de 50% dans Edipower. Cette participation représente environ moins de 10% de l’Ebitda attendu en 2012 d’Edison», a commenté Thomas Piquemal, directeur financier d’EDF. Ce dernier a rappelé que l’opération permettra de réduire la dette d’Edison de 1,1 milliard d’euros –attendue à 3,9 milliards fin 2011– et de rassurer les agences de notation. S&P a dégradé la note d’Edison à «BBB-» au début du mois, tandis que Moody’s a placé sa note «Baa3» sous surveillance négative.

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