EDF et Veolia se déchirent pour le contrôle de leur filiale commune Dalkia
Les couteaux sont de nouveau sortis entre EDF et Veolia Environnement, dont les PDG, Henri Proglio et Antoine Frérot, sont en guerre ouverte depuis plus d’un an. Le front s’est rouvert autour de Dalkia, la filiale créée par les deux groupes en décembre 2000 dans les services à l’énergie (réseaux collectifs de chauffage ou de climatisation…) et dont le chiffre d’affaires a bondi de 81% en 10 ans pour atteindre 7,3 milliards d’euros en 2011. Veolia détient 66% du capital de Dalkia, EDF 34%.
Estimant que Veolia ne respecte pas le principe fondateur du pacte d’associés, qui prévoyait à terme une parité de contrôle et de gestion de Dalkia, EDF a assigné le 22 octobre son partenaire devant le tribunal de commerce de Paris. Une audience préliminaire est prévue le 22 novembre. La divulgation il y a dix jours d’un projet de rapprochement entre Veolia et Suez Environnement, contrôlé par GDF Suez, le premier concurrent d’EDF, aurait incité ce dernier à saisir la justice pour protéger son actif dont la «gestion par Veolia suscite aussi des interrogations», selon un proche de l'électricien. Ce projet avorté, couplé à la faiblesse financière de Veolia, ont fragilisé la position d’Antoine Frérot à la tête du groupe, offrant aussi une bonne occasion d’attaquer.
La lutte pour le contrôle de Dalkia ne date pas d’hier. Ces dernières années, plusieurs séries de négociations ont été menées pour tenter de régler le dossier. En vain. En 2005, l’option d’achat et de vente conclue en 2000 n’a pu aboutir, faute d’un accord sur l’organisation de la filiale. Un échec qui faisait les affaires de Veolia, dont le président à l’époque n’était autre qu’Henri Proglio, l’actuel PDG d’EDF. Nouvelle tentative d’accord début 2012. Et nouvel échec après la découverte de la tentative de putsch d’Henri Proglio contre Antoine Frérot, qu’il avait pourtant lui-même choisi comme son successeur chez Veolia.
Depuis l’expiration de l’option de 2005, Veolia souligne dans son document de référence qu’EDF «ne dispose plus d’aucune option d’achat relative à Dalkia et ses filiales». «S’ils veulent prendre le contrôle et consolider l’actif, il faudra qu’ils prennent aussi le passif à leur charge», lance un proche de Veolia qui rappelle que le groupe engage chaque année 1,7 milliard d’euros chez Dalkia. En début d’année, Cheuvreux évaluait à 450 millions d’euros la part de 16% qui permettrait à EDF de monter de 34% à 50% chez Dalkia.
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