EDF et A2A pourraient s’entendre sur la base des accords de mars
EDF ne baisse pas les bras. Au lendemain du rejet de sa nouvelle offre de prise de contrôle d’Edison par son principal partenaire A2A, détenteur 51% de Delmi (qui possède avec EDF 61,3% d’Edison), l’électricien français s’engage à monter au capital du producteur d'électricité italien Edipower (plus de 7.600 MW en exploitation).
Dans un accord préliminaire, EDF a convenu avec le suisse Alpiq de lui racheter sa participation de 20% dans Edipower. Les négociations se feront sur la base d’un prix compris entre 150 et 200 millions d’euros. Alpiq a octroyé une exclusivité à EDF jusqu’au 15 janvier 2012 pour finaliser cet accord. «Nous pensons que c’est une initiative intelligente d’EDF, car elle élimine une grande partie de l’ambiguïté sur la valeur qu’attribue EDF à Edipower», note CreditSights. EDF valorise ainsi Edipower entre 750 millions et 1 milliard d’euros.
Le capital d’Edipower est actuellement partagé entre Edison (50%), Alpiq (20%), A2A (20%) et Iren (10%). Lundi, EDF avait proposé à A2A et à Iren d’échanger leur participation dans Edipower, contre 100% du capital d’Edens, quatrième producteur d’électricité d’origine renouvelable en Italie et filiale à 100% d’Edison. Autrement dit, EDF valorise Edens entre 225 et 300 millions d’euros.
En attendant, la date butoir du 31 octobre se rapproche de jour en jour. Les Italiens ont à choisir entre cette proposition et l’accord de mars, dans lequel EDF reprend la part de Delmi dans Edison en échange des actifs hydroélectriques d’Edipower. Des représentants d’EDF et d’A2A se rencontreraient aujourd’hui à Paris pour s’entendre sur la base de l’accord de mars, selon une source citée par Reuters.
En l’absence d’accord, le pacte d’actionnaires entre EDF et Delmi (qui détiennent ensemble 61,3% d’Edison via leur holding commune Transalpina di Energia) pourra être dénoncé, entraînant une mise en vente de leurs actions Edison, «avec une obligation pour EDF (comme A2A) de proposer un prix de +5% supérieur à la meilleure offre en cas de volonté de rachat», rappelle l’analyse crédit de Natixis. Toutefois, la mise aux enchères de ces titres Edison «pourrait être favorable à EDF ce qui, selon nous, milite pour qu’un accord soit trouvé par les actionnaires italiens d’Edison», note Oddo. Par ailleurs, rien ne dit que l’échéance de lundi prochain ne soit encore repoussée, après une première prolongation de six mois et une seconde de six semaines.
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