EDF avance à pas comptés sur ses dossiers

Alors que son conseil d’administration a approuvé le projet Hinkley Point, Londres a repoussé l’étude du dossier. EDF va céder 49,9% de RTE à la CDC et CNP Assurances
Antoine Landrot
EDF Hinkley Point
Sur le site de la centrale nucléaire de Hinkley Point en Angleterre.  -  Photo Niauk.

Deux dossiers phares d’EDF – le projet de réacteurs nucléaires EPR d’Hinkley Point en Angleterre et l’ouverture du capital de sa filiale de transport d’électricité RTE – avancent, mais à des rythmes inégaux.

Sujet d’innombrables péripéties, Hinkley Point a été approuvé hier soir par le conseil d’administration de l’électricien, mais il est loin de faire l’unanimité. Sept administrateurs sur 17 se sont prononcés contre : les 6 représentants des salariés, qui l’estiment précipité au regard des finances du groupe, ainsi que l’administratrice indépendante Laurence Parisot, ex-présidente du Medef et candidate à la présidence d’EDF en 2014. Le dix-huitième administrateur était absent : le matin, Gérard Magnin, hostile au projet, avait démissionné pour protester contre la stratégie nucléaire d’EDF. « Le projet HPC représente un élément majeur de la stratégie CAP 2030 du groupe. [Il consolidera] la présence d’EDF en Grande-Bretagne, pays dans lequel sa filiale EDF Energy [...] est le 1er fournisseur d’électricité en volume », écrit le groupe.

Cette étape permet à EDF de signer les contrats, notamment avec le gouvernement britannique et le partenaire China General Nuclear Power Corporation. Mais une épine est apparue dans le pied d’EDF. Greg Clark, le secrétaire d’Etat britannique à l’Energie, a retardé l’examen final du dossier. « Le gouvernement va maintenant étudier attentivement toutes les composantes du projet et prendra sa décision au début de l’automne », a-t-il déclaré. Alors que le contrat devait être signé aujourd’hui, Vincent de Rivaz, le directeur exécutif groupe et DG d’EDF Energy aurait annulé son déplacement au Royaume-Uni suite aux commentaires de Greg Clark, croit savoir la BBC.

EDF peut se consoler avec l’avancée du projet d’ouverture du capital de RTE, dont il a besoin pour se désendetter. L’électricien, la Caisse des Dépôts (CDC) et sa filiale (à 41%) CNP Assurances ont annoncé leur entrée en négociation exclusives. Selon la lettre d’intention signée hier, EDF va vendre 49,9% du capital de RTE aux deux institutions, sur la base d’une valeur de 8,45 milliards d’euros pour 100% des fonds propres de la cible. Le prix dépasse les 7 milliards évoqués officieusement.

Les protagonistes espèrent conclure l’opération au premier semestre 2017. Selon la législation en vigueur, le ou les repreneurs ne pouvaient être qu’issus de la sphère publique.

Goldman Sachs et Messier Maris conseillent EDF, BNP Paribas et la Compagnie Financière du Lion sont conseils de la CDC et Nomura de CNP Assurances.

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