EADS tente de convaincre de la justesse de la prime payée pour BAE
Après une chute de 15% les deux jours précédents, le cours de l’action EADS s’est stabilisé vendredi, en hausse de 0,64%, juste au-dessus de 25 euros. Mais depuis la divulgation des discussions de rapprochement avec BAE Systems, le groupe d’aéronautique européen a perdu 4,5 milliards d’euros de capitalisation boursière. Soit bien plus que la prime de 1,7 milliard que fait ressortir le ratio de fusion envisagé, 60% du nouvel ensemble pour les actionnaires d’EADS, 40% pour ceux de BAE.
Selon de nombreux analystes, le rapport est trop favorable aux actionnaires de BAE, dont les perspectives de croissance, du bénéfice et des cash-flows, paraissent moins prometteuses que celles d’EADS, portées par le développement du marché de l’aéronautique civile. «En tenant compte des prévisions optimistes, le rapport serait plutôt 70%-30%», reconnaît un proche du dossier. Mais ce dernier rappelle que l’histoire d’Airbus a montré que le développement de nouveaux avions n’était pas à l’abri de coûteux dérapages industriels. Selon cette source, sur la base des ratios historiques, le rapport d’échange retombe à 55%-45%. Il était, en instantané, juste avant la divulgation du projet, de 65%-35%.
Depuis mercredi, le camp d’EADS tente donc de convaincre ses grands actionnaires que BAE n’est pas surpayé. D’une part, le groupe est prêt à faire le pari que le marché de la défense américain, premier débouché de BAE, est proche de son point bas. D’autre part, la prime versée est le prix à payer pour prendre le contrôle de BAE, puisque en plus de la répartition favorable du capital, la direction générale du nouvel ensemble devrait être confiée à Tom Enders, l’actuel président exécutif d’EADS. Enfin, même si les synergies resteront limitées, leur valeur actualisée sera, selon une source proche, supérieure au montant de la prime de 1,7 milliard d’euros.
Le groupe s’efforce aussi de convaincre les Etats français, allemands et espagnols, que leurs intérêts seront respectés alors que la fusion leur fera perdre une partie de leur pouvoir de contrôle. Deux dispositions statutaires sont envisagées pour assurer la protection d’EADS : d’une part les trois gouvernements pourront s’opposer à une prise de contrôle ; d’autre part, la majorité des membres du conseil d’administration, le président, le directeur général et le directeur financier du nouveau groupe devront être de nationalité européenne et résidents européens.
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