EADS réduit ses effectifs mais augmente son dividende
Deux jours après l’annonce d’une suppression de 5.800 postes dans ses activités militaires et spatiales, EADS n’a pas réservé le même sort à ses actionnaires. Lors d’une réunion avec les investisseurs qui se poursuivra aujourd’hui à Londres, le groupe d’aéronautique a annoncé une politique ambitieuse de rémunération des actionnaires, en visant «une croissance soutenable du dividende correspondant à un taux de distribution du bénéfice par action déclaré compris entre 30% et 40%», a souligné le directeur financier Harald Wilhelm.
De quoi faire bondir le cours de l’action de 7,5 % à 52,9 euros hier. Le gouvernement français, qui avait publiquement critiqué en début de semaine le plan de départs d’EADS, n’a pas commenté l’annonce de cette nouvelle politique de rémunération. L’Etat français détient 12% d’EADS, à parité avec l’Allemagne.
La solidité du bilan, qui devrait se traduire par une trésorerie nette d’environ 8 milliards d’euros fin 2013, ainsi que la bonne tenue de ses activités d’aviation civile permettront en effet à l’entreprise d’investir dans des programmes qui pèsent temporairement sur sa rentabilité, tout en versant un dividende généreux.
Si EADS a confirmé, sur la base d’un euro valant 1,30 dollar, une marge d’exploitation de 10% à l’horizon 2015, avant éléments non récurrents et hors impact du développement de son futur avion long-courrier A350, cette rentabilité serait comprise entre 7 et 8% avec un taux de change de 1,35 dollar en incluant l’effet dilutif de l’A350. Ce niveau de marge incluant l’A350 constitue «une surprise positive», juge Robert Stallard, analyste chez RBC Capital, qui anticipait une marge de 6% en 2015, identique à celle attendue pour 2013. Contrairement à 2013 où il devrait être négatif d’environ 1,5 milliard d’euros, EADS prévoit un flux de trésorerie disponible «plus qu’équilibré» sur chacun des deux prochains exercices, même si cet objectif «sera difficile à atteindre sur cette période»; ce cash flow libre devrait continuer de progresser par la suite.
Alors que son changement de raison sociale sera soumis à l’aval des actionnaires à l’occasion de l’assemblée générale qui se tiendra fin mai 2014, l’action sera cotée sous le nom Airbus dès le 2 janvier prochain, indique le groupe. Ce changement, déjà envisagé en 2001, n’avait alors pas été suivi d’effet car «les esprits n’étaient pas encore mûrs à cette époque», a relevé le président exécutif Tom Enders.
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