EADS prévoit une amélioration de sa rentabilité en 2012
Louis Gallois, le président exécutif d’EADS, s’est voulu ferme hier, lors de la traditionnelle cérémonie des vœux du groupe d’aéronautique. La question de sa succession aux commandes ne se posera pas avant 2012, année d’expiration de son contrat. «D’ici là, je n’ai rien à ajouter». Une échéance qui tombe finalement bien pour le directeur général du groupe. 2012 s’annonce en effet comme une très bonne année pour EADS. Si en 2011, le résultat opérationnel sera du même ordre que celui de 2010, la rentabilité s’améliorera en 2012, a promis le président exécutif. Pour 2010, le groupe attend un résultat opérationnel (Ebit) d’au moins 1,1 milliard pour 44 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
De fait, EADS figure en ce début d’année parmi les listes de valeurs préférées d’un grand nombre de courtiers (Société Générale, Cheuvreux, Oddo…), déjà récompensés par une hausse du cours de 17 % depuis le 1er janvier (+45% en un an). Le redressement du trafic aérien et des compagnies poussent en effet ces dernières à relancer leurs achats d’avions. «2011 verra une amélioration du taux de production des nouveaux appareils, ce qui marquera le début d’un cycle favorable de plusieurs années pour les constructeurs», indiquaient récemment les analystes de Deutsche Bank.
Or, avec la récente commande de 180 avions «A320 neo» par l’indien IndiGo, plus grosse commande de l’histoire de l’aviation civile, Airbus s’affirme face à son concurrent Boeing dont le B787 prend du retard. La valeur actualisée net du contrat est estimée à 1 milliard d’euros, en tenant compte d’un rabais de 20%. «Même avec 30% de réduction, il représenterait encore 800 millions d’euros, soit à lui seul 5% de la capitalisation boursière d’EADS», calcule Cheuvreux. Le second facteur de soutien viendra de l’A380, un programme «tiré d’affaire», selon Louis Gallois, et qui doit trouver cette année son rythme de croisière avec la production de deux appareils par mois.
Une confiance qui fait naître de nouvelles ambitions. Louis Gallois et ses équipes travaillent sur plusieurs dossiers d’acquisitions «notamment pour renforcer la présence du groupe aux Etats-Unis» alors que l’essentiel de la croissance de ces prochaines années viendra de pays non européens. En 2020, EADS prévoit de réaliser 80 milliards d’euros de chiffre d’affaires, quasiment deux fois plus qu’en 2010.
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