E.ON va poursuivre la fermeture de centrales thermiques en Europe
Le repli de 15%, à 5,7 milliards d’euros, de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de l’énergéticien E.ON au premier semestre s’est révélé moins fort que prévu par le consensus des analystes qui tablait sur 5,4 milliards. Cela a entraîné un gain de 2,2% de l’action qui a terminé la séance à 12,5 euros. Grâce aux effets positifs de ses réductions de coûts, le groupe a également confirmé ses objectifs pour l’ensemble de l’exercice 2013, à savoir un Ebitda avant éléments exceptionnels compris entre 9,2 et 9,8 milliards et un revenu net récurrent entre 2,2 et 2,6 milliards.
Mais la morosité de la demande d’électricité sur le Vieux Continent et le rôle grandissant des énergies renouvelables ont fortement pesé sur sa production électrique d’origine fossile. Les opérateurs de centrales au gaz enregistrent ainsi en Allemagne une perte de 16,5 euros par mégawatt heure (MW/h), la priorité donnée aux producteurs d'énergies renouvelables pour alimenter le réseau national réduisant le rendement de ce type de centrales. Le président du directoire Johannes Teyssen met en avant dans son rapport aux actionnaires la «faible capacité d’utilisation des installations de production», combinée à des prix de gros trop bas, reflet «de la crise économique en Europe et des politiques d’intervention et de réglementation de l'énergie».
Estimant qu’aucune amélioration n’est à prévoir au cours des 18 prochains mois, le groupe, qui a réduit sa capacité de production d’électricité conventionnelle de 2.400 MW entre janvier et juin, va poursuivre la mise sous cocon ou la fermeture de centrales à gaz ou à charbon à hauteur de plus de 1.700 MW en Espagne, en Allemagne, en République tchèque et en France d’ici à fin 2014. A cela s’ajoute la fermeture en 2015 de sa centrale nucléaire de Grafenrheinfeld, qui représente 1.275 MW.
Malgré un cash flow libre négatif de 2,6 milliards d’euros après dividendes, sa dette nette a été réduite de 7,5% à 33,3 milliards en 6 mois grâce à une diminution de plus d’un milliard du montant des provisions pour retraites et à 5,2 milliards de cessions d’actifs effectuées au premier semestre. «Le cash flow libre est encore fortement négatif, alors que le groupe a déjà réalisé la plus grande partie de son programme de désinvestissements de 20 milliards d’euros», relèvent les analystes de Raymond James, en estimant que le bénéfice par action et le cash flow du groupe «resteront sous pression d’ici à 2015».
Plus d'articles du même thème
-
TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
Le PDG du pétrolier, Patrick Pouyanné, s’attend à ce que le prix du baril demeure durablement élevé en raison de cette crise qui devrait en outre inciter les Etats à renforcer leurs capacités en matière d'énergies renouvelables. Un domaine où le groupe français est également actif, contrairement à la plupart de ses pairs. -
Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
A Strasbourg, l'assemblée générale annuelle de la fédération du Crédit Mutuel Centre Est Europe, le navire amiral du groupe, est une grand-messe destinée à mobiliser les élus et les salariés. Le digital, l'IA et la concurrence des néobanques ont émaillé tous les discours. -
Les spécialistes des taux actent le resserrement monétaire
Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent dorénavant deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), et potentiellement une pour la Banque d’Angleterre (BoE). Ils confirment également que la Fed ne devrait plus baisser les siens, ce qui fait remonter les taux longs.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
- BNP Paribas et Mistral repartent pour un tour et vantent leur proximité
- Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
Contenu de nos partenaires
-
Stress test« Poutine joue la surenchère » : la Russie maintient sa stratégie de la tension aux frontières de l’Europe
En Roumanie, dans les pays baltes ou en Finlande, des incidents impliquant des drones se sont poursuivis ces dernières semaines -
Choix publicsPermanence, rémanence, émergence : la grille oubliée de l’action publique – et ses illusions
La puissance publique a échoué, non parce que le monde actuel serait ingouvernable, mais parce qu'elle continue à vouloir administrer plutôt qu'accompagner et s’obstine à croire qu'une société complexe peut être dirigée comme une organisation hiérarchique -
Anniversaire du PlanClément Beaune : « Je rêve d’une troisième voie entre un autoritarisme vertical et un libéralisme débridé »
A la tête de l'organisme parfois critiqué pour son manque d'utilité, Clément Beaune propose de revenir aux « lois de plan » pour fixer les grandes orientations du pays, au-delà des sujets de très court terme