Doctolib devient la licorne française la mieux valorisée
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Start-up la plus en vue lors de la crise sanitaire, Doctolib en tire les dividendes sur le plan financier. Le spécialiste de la prise de rendez-vous médicaux en ligne annonce mardi une levée de fonds de 500 millions d’euros, avec une part minoritaire en dette. L’opération la valorise à 5,8 milliards d’euros, ce qui en fait la plus grande licorne de la French Tech sur ce critère. Elle ravit ce titre à Back Market, le site de revente d’appareils reconditionnés, qui s’était valorisé 5,1 milliards d’euros en janvier.
La banque publique Bpifrance et la société d’investissement Eurazeo ont monté ce nouveau tour de table, donnant ainsi une touche très française au processus. Une coloration bienvenue alors que le gouvernement vante l’importance de la French Tech pour la souveraineté économique et essaye de développer un écosystème financier qui puisse accompagner ces entreprises à des étapes plus tardives de leur cycle de croissance. L’initiative Tibi, lancée en 2020, vise ainsi à faire investir par les fonds français de plus gros tickets dans les entreprises en forte croissance.
Recrutements massifs en vue
Le record signé par Doctolib confirme ainsi la vitalité de la French Tech. Les start-up françaises ont doublé le montant de leurs levées de fonds en 2021, avec 11,1 milliards d’euros de financement. Le nombre de licornes, les sociétés dont la valeur dépasse le milliard, est passé en un an de 15 à 26.
Doctolib, dont la valorisation le rendrait éligible à l’indice SBF 120 s’il était coté, revendique autour de 150.000 professionnels de santé clients. Ceux-ci paient entre 100 et 200 euros par mois pour utiliser les services de la plateforme, qui a servi d’outil indispensable au déploiement de la campagne de vaccination contre le Covid en France. Présente également en Allemagne et en Italie, la société fondée et dirigée par Stanislas Niox-Chateau compte utiliser cette manne pour recruter 3.500 collaborateurs dont 700 cette année – à comparer à un effectif de 2.500 collaborateurs – et élargir sa gamme de services sur ses trois marchés.
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions.
Réindustrialiser l’Europe ne signifie pas seulement relocaliser la production. Pour reconstruire une souveraineté industrielle durable, encore faut-il financer les bons maillons, disposer de foncier, de compétences, d’infrastructures logistiques et d’une vision de long terme. C’est autour de ces enjeux que se sont articulés les échanges du dernier atelier du groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management dans le cadre du Think Tank “2030, Investir Demain”.
Le document a été présenté et publié vendredi. Si le diagnostic est consensuel, les remèdes évoqués font débat. Pour Maria Luis Albuquerque, commissaire chargée des services financiers et de l’Union de l’épargne et des investissements, la tâche à venir la plus ardue sera de parvenir à changer les mentalités.
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