Deux blocs antagonistes vont se disputer le contrôle de CS
C’est une bonne nouvelle pour la direction et les 1.700 employés de CS (Communication & Systèmes): l’augmentation de capital de 15 millions d’euros lancée en plein cœur de l’été a été entièrement souscrite. De quoi permettre d’entériner l’accord conclu avec les créanciers de la SSII et de relancer l’activité commerciale du groupe alors que son redressement opérationnel avait commencé à se concrétiser l’an dernier.
En revanche, l’opération ne règle pas la question du capital de CS. Au contraire, elle n’a fait qu’aggraver l’antagonisme entre ses deux principaux actionnaires. D’un côté, le holding Duna & Cie de Yazid Sabeg, le président de CS. Celui-ci détenait avant l’augmentation de capital 30,2% de la SSII. De l’autre, Cira, une société contrôlée par Mohamed Hamra-Krouha, le deuxième créancier du holding de Yazid Sabeg depuis plusieurs années. Avant l’augmentation de capital, Cira détenait 16,13% du capital de CS. Ces actions, nanties en sa faveur, lui ont été attribuées après que le holding de Yazid Sabeg n’a pas pu honorer sa créance.
Après l’augmentation de capital, grâce à l’exercice de ses droits préférentiels de souscription mais aussi en achetant directement des DPS et des actions sur le marché, Cira détiendrait environ 31% du capital de CS, selon une source proche du dossier. Il avait obtenu une dérogation de l’AMF pour ne pas avoir à lancer d’offre publique sur le capital s’il venait à en détenir plus de 30%. Ce montant le place dans une position relativement proche de celle de Yazid Sabeg. Les résultats définitifs n’ont pas encore été communiqués par CS et devraient l’être dans la semaine.
En plus de probables actions devant les tribunaux, en France et au Luxembourg où sont logés les deux holdings Duna et Cira, la lutte entre les deux blocs d’actionnaires devrait se jouer en assemblée générale, avec comme enjeu le contrôle du conseil d’administration. Cira n’est pas représenté mais a déclaré dans un avis transmis à l’AMF vouloir demander un siège au conseil mais également un au nom des autres actionnaires minoritaires. La bataille pour le contrôle de CS est loin d’être finie.
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