Des questions demeurent sur le financement des projets d’Areva
C’est demain que le conseil d’Areva doit se pencher sur l’augmentation de capital de 15% du groupe. Mais à l’approche de cette échéance, l’incertitude plane encore. La semaine dernière, plusieurs informations de presse évoquaient une opération en deux temps: un appel aux fonds du Qatar et du Koweit dès la fin d’année, et une entrée de partenaires industriels seulement l’an prochain. Le rôle (encore à définir) que tiendra EDF aux côtés d’Areva aurait en effet amené l’Etat à temporiser sur l’arrivée de Mitsubishi Heavy Industries (MHI).
Si ce décalage se confirme, il devrait donc limiter le montant de la levée de fonds à court terme (MHI devant prendre 2% du capital). Mais l’incertitude induite risque aussi de peser sur la valorisation dans les discussions avec les fonds du Qatar et du Koweit. Cela pourrait être d’autant plus gênant que la fourchette avancée jusqu’ici est large: de 1,5 à 3 milliards.
Que la levée de fonds se fasse dans le haut ou le bas de fourchette, elle ne devrait en tout cas pas suffire à couvrir les besoins du groupe jusqu’à 2012.
Hors put de Siemens sur Areva NP (estimé à 2 milliards), Areva situait en 2009 ses besoins à 10 milliards sur 2009-2012. Depuis, il a cédé pour 1,5 milliard d’euros environ de participations et a vendu T&D (pour une valeur du capital de 2,3 milliards). Il a aussi placé pour 3 milliards d’obligations. Resteraient donc 3,2 milliards à trouver en supposant que les besoins soient identiques à ceux annoncés en 2009 (personne n’était disponible chez Areva vendredi pour apporter un commentaire).
L’augmentation de capital risque donc de ne pas suffire. Encore moins si on se réfère aux chiffres du Comité de groupe européen (CGE). «Le besoin en fonds propres reste d’environ 6,5 milliards», estimait celui-ci la semaine passée en rappelant qu’il était urgent de «mettre un terme rapidement à toutes ces tergiversations».
La vente programmée des 25,6% d’Eramet et de 11% de STMicro apparaît donc d’autant plus nécessaire. Aux cours actuels, elle rapporterait 2,3 milliards dont 1,8 milliard pour la part dans Eramet. Seul problème, les discussions sur Eramet avec le FSI n’ont jusqu’ici pas permis de trouver un accord.
La solution pourrait aussi venir de l’entrée de partenaires au niveau de filiales ou de projets. L’arrivée d’un allié chez Uramin, toujours pas conclue, pourrait par exemple bientôt se faire, selon une source industrielle.
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