Des champions brésilien et chinois livrent bataille pour le minerai africain
La balle est désormais dans le camp de Vale. Début avril, le groupe brésilien avait fait part d’un projet d’offre visant le groupe minier diversifié africain Metorex, basé en Afrique du Sud mais disposant surtout d’actifs dans le cuivre au Congo ou en Zambie. Mais la proie a suscité l’intérêt d’un autre prétendant, lui aussi issu des pays émergents, en l’occurrence le chinois Jinchuan. Ce dernier a proposé mardi 8,90 rands par titre Metorex, soit 21% de plus que Vale, soit une valorisation totale de 9,1 milliards de rands, l’équivalent de 940 millions d’euros.
Sans encore recommander l’une ou l’autre des offres, le groupe africain a fixé à Vale une limite au 15 juillet à Vale pour faire part de ses intentions dans cette bataille. Jinchuan a également indiqué avoir reçu des engagements d’apports de titres représentant 8% du capital de la société convoitée.
Quelques heures seulement avant cette annonce, et après que Metorex avait reconnu le mois dernier être en pourparlers avec un autre acquéreur potentiel sans l’identifier, le directeur financier de Vale, Guilherme Cavalcanti, avait assuré que le groupe ne modifierait pas sa proposition. Il n’empêche, de l’avis des observateurs, Metorex semble une cible stratégique pour chacun des deux candidats, étant donné les tensions entre l’offre et la demande sur le marché mondial du cuivre. Et ce en dépit des risques politiques inhérents aux groupes africains. D’ailleurs, les groupes miniers livrent bataille sur bataille pour mettre la main sur les ressources africaines.
Pour l’analyste brésilien Leonardo Brito, la taille de la transaction Metorex reste modeste face à la capitalisation boursière de Vale (près de 120 milliards d’euros). D’autant que selon un cadre anonyme de Vale cité par le Financial Times, le groupe, qui a annoncé la semaine dernière un programme de rachat de titres de 3 milliards de dollars, entend investir 12 milliards de dollars en Afrique au cours des cinq prochaines années. Stephen Meintjes, à Johannesbourg, reconnaît que Vale a les moyens d’une surenchère, tout en prévenant que la décision du groupe brésilien dépendra pour bonne part de ses perspectives internes sur le cuivre. Car déjà l’offre dévoilée par Jinchuan, qui a déjà acquis l’an dernier deux groupes miniers basés au Canada, valorise Metorex à 36 fois son excédent brut d’exploitation sur les douze derniers mois publiés.
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