Des actionnaires de Portugal Telecom portent l’affaire Espirito Santo devant la justice
L’affaire Espirito Santo risque d’empoisonner Portugal Telecom pendant encore de longs mois. Plusieurs actionnaires minoritaires de l’opérateur de télécoms portugais ont saisi la justice du pays pour demander réparation alors que le cours de l’action Portugal Telecom a chuté de plus de moitié depuis la fin du mois de juin. La plainte civile vise plusieurs dirigeants, actuels et anciens. Au début du mois, le président exécutif de Portugal Telecom, Henrique Granadeiro, a dû démissionner de ses fonctions.
Notamment regroupés au sein de l’Association des investisseurs et des analystes techniques, les plaignants s’interrogent sur les conditions dans lesquelles Portugal Telecom a pu placer 897 millions d’euros, soit un an de bénéfice, dans des billets de trésorerie émis par Rioforte, une structure du groupe Espirito Santo sauvé par l’Etat portugais au début du mois. Rioforte n’a pas pu honorer mi-juillet le remboursement de cette créance. Portugal Telecom a engagé des actions pour tenter de récupérer ses 897 millions d’euros. Au moment de la démission d’Henrique Granadeiro, l’opérateur de télécoms avait assuré que son comité exécutif n’avait jamais approuvé l’investissement dans la dette de Rioforte et qu’un audit serait effectué pour connaître l’exposition précise du groupe au dossier Espirito Santo.
Cette mésaventure a contraint l’opérateur de télécoms portugais à modifier dans l’urgence son projet de fusion avec le groupe brésilien Oi. L’investissement dans la dette de Rioforte avait été réalisé en avril dernier avant que l’opération de rapprochement avec Oi ne soit bouclée. Mais il était prévu que ces titres soient transférés chez Oi dans le cadre de l’apport d’actifs prévu dans le protocole de fusion. En juillet, les deux partenaires ont amendé leur projet pour sauver leur union. Mais, au passage, les actionnaires de Portugal Telecom ont perdu au change: ils devront se contenter de 25,6% du capital de l’entité combinée, au lieu des 39,6% prévus lors de l’annonce de la fusion en octobre 2013.
Les actionnaires de Portugal Telecom auront l’occasion de faire entendre leur voix le 8 septembre prochain à l’occasion de l’assemblée générale censée approuver la fusion avec Oi.
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