Denis Hennequin prend la tête d’Accor dans un contexte favorable
Selon son propre terme, Denis Hennequin vient de finir son «stage» à la tête du groupe Accor. Depuis samedi, l’ancien patron de McDonald’s Europe est officiellement PDG du groupe hôtelier. Annoncée en novembre 2010, sa nomination, en remplacement de Gilles Pellisson, ne devrait pas provoquer de révolution chez Accor. «La prise de fonction de Denis Hennequin devrait permettre de poursuivre, voire d’accélérer, la stratégie ‘asset light’ engagée par Accor depuis 2005», espèrent les analystes de CM-CIC.
Cette politique repose sur deux leviers: la vente des murs des hôtels et le recours à la franchise. Les cessions immobilières doivent contribuer à réduire de 2 milliards d’euros la dette nette d’Accor entre 2010 et 2013, dont 600 à 650 millions rien que pour 2010. Et à partir de 2012, l’hôtelier prévoit d’ouvrir en «rythme de croisière» 35.000 à 40.000 nouvelles chambres par an, dont au moins 80% sous contrats de franchise ou de gestion.
Or, du fait de ses 26 années passées chez McDonald’s, Denis Hennequin dispose d’une grande expérience de la franchise, modèle moins gourmand en capitaux. D’où les espoirs des analystes mais aussi des deux actionnaires principaux du groupe, Eurazeo et Colony Capital (27,36% du capital ensemble). Malgré une hausse de 46% de l’action en un an, la valeur d’entreprise d’Accor représente encore moins de 10 fois l’Ebitda estimé pour 2011 quand l’américain Marriott affiche un multiple de près de 14 fois.
S’il connaît bien Accor pour avoir siégé à son conseil d’administration depuis mai 2009, Denis Hennequin prend les commandes du groupe au bon moment alors que «le travail accompli à partir de 2005 de rationalisation des actifs n’avait pas pu réellement se matérialiser jusque-là dans la rentabilité des capitaux employés (5,7% estimée en 2010) du fait de la crise», indique CM-CIC. La publication mercredi soir du chiffre d’affaires du quatrième trimestre devrait en effet confirmer le redressement de l’activité.
Selon Deutsche Bank, le groupe pourrait en profiter pour relever une nouvelle fois sa prévision de résultat d’exploitation 2010, au-delà des 400 à 420 millions d’euros attendus. Le consensus s’élève déjà à 418 millions. Enfin, avec la scission d’Edenred puis la vente de la part dans Barrière, Accor pourra désormais être appréhendée comme une valeur hôtelière à part entière.
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