Deloitte subit les foudres du régulateur britannique
Le cabinet d’audit écope d’une amende record de 14 millions de livres pour des errements lors de la vente de MG Rover
Publié le
Antoine Duroyon
Deloitte subit les foudres du régulateur britannique - Photo : Bloomberg
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Un «signal fort et limpide (…) sur la responsabilité d’agir dans l’intérêt public et de se conformer aux codes déontologiques». C’est ce qu’a voulu envoyer au secteur de l’audit un tribunal indépendant du Financial Reporting Council (FRC) en infligeant à Deloitte une amende de 14 millions de livres et une «sévère réprimande». Le FRC réclamait une amende pouvant atteindre jusqu’à 20 millions de livres.
Le régulateur sanctionne ainsi des failles dans la gestion des conflits d’intérêts et la prise en compte de l’intérêt public lors de la cession de MG Rover en 2000. A titre personnel, Maghsoud Einollahi, un ancien associé de la firme, écope d’une amende de 250.000 livres et d’une interdiction d’exercer dans l’audit pendant trois ans.
Quatre anciens managers du groupe d’automobile, unis au sein d’un consortium baptisé «Phoenix Four», s’étaient octroyé une rémunération globale de 42 millions de livres après avoir racheté la société à BMW pour 10 livres seulement. MG Rover a été placé sous administration judiciaire, étranglée par une dette de 1,4 milliard de livres. Deloitte et Maghsoud Einollahi ont conseillé «Phoenix Four» tout en auditant Rover.
Fin juillet, le tribunal avait déjà reconnu Deloitte coupable de treize manquements. Le montant de l’amende qui a été rendu public hier marque un tournant dans l’histoire du FRC, créé en 1990. Il s’agit de la sanction la plus lourde depuis celle de 1,4 million de livres imposée à PricewaterhouseCoopers en novembre 2011.
Ce verdict définitif «devrait constituer une lecture essentielle pour tous les membres de la profession», estime Paul George, directeur exécutif du FRC. «Les sanctions imposées sont en ligne avec l’objectif du FRC de s’assurer que les pénalités sont proportionnées et d’avoir l’effet dissuasif nécessaire pour empêcher les mauvais comportements et renforcer la confiance du public et du marché», estime-t-il.
De son côté, Deloitte, qui a 28 jours pour faire appel, conteste les conclusions du tribunal et lance un avertissement. «Cela pourrait avoir des implications négatives pour le conseil qui peut être fourni par les sociétés membres de l’institut comptable ICAEW», prévient l’un des «big four». Un nouveau coup dur pour la firme après l’amende de 10 millions de dollars (7,6 millions d’euros) reçue à New York en juin dernier pour des fautes dans le suivi de Standard Chartered.
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