Deloitte subit les foudres du régulateur britannique
Un «signal fort et limpide (…) sur la responsabilité d’agir dans l’intérêt public et de se conformer aux codes déontologiques». C’est ce qu’a voulu envoyer au secteur de l’audit un tribunal indépendant du Financial Reporting Council (FRC) en infligeant à Deloitte une amende de 14 millions de livres et une «sévère réprimande». Le FRC réclamait une amende pouvant atteindre jusqu’à 20 millions de livres.
Le régulateur sanctionne ainsi des failles dans la gestion des conflits d’intérêts et la prise en compte de l’intérêt public lors de la cession de MG Rover en 2000. A titre personnel, Maghsoud Einollahi, un ancien associé de la firme, écope d’une amende de 250.000 livres et d’une interdiction d’exercer dans l’audit pendant trois ans.
Quatre anciens managers du groupe d’automobile, unis au sein d’un consortium baptisé «Phoenix Four», s’étaient octroyé une rémunération globale de 42 millions de livres après avoir racheté la société à BMW pour 10 livres seulement. MG Rover a été placé sous administration judiciaire, étranglée par une dette de 1,4 milliard de livres. Deloitte et Maghsoud Einollahi ont conseillé «Phoenix Four» tout en auditant Rover.
Fin juillet, le tribunal avait déjà reconnu Deloitte coupable de treize manquements. Le montant de l’amende qui a été rendu public hier marque un tournant dans l’histoire du FRC, créé en 1990. Il s’agit de la sanction la plus lourde depuis celle de 1,4 million de livres imposée à PricewaterhouseCoopers en novembre 2011.
Ce verdict définitif «devrait constituer une lecture essentielle pour tous les membres de la profession», estime Paul George, directeur exécutif du FRC. «Les sanctions imposées sont en ligne avec l’objectif du FRC de s’assurer que les pénalités sont proportionnées et d’avoir l’effet dissuasif nécessaire pour empêcher les mauvais comportements et renforcer la confiance du public et du marché», estime-t-il.
De son côté, Deloitte, qui a 28 jours pour faire appel, conteste les conclusions du tribunal et lance un avertissement. «Cela pourrait avoir des implications négatives pour le conseil qui peut être fourni par les sociétés membres de l’institut comptable ICAEW», prévient l’un des «big four». Un nouveau coup dur pour la firme après l’amende de 10 millions de dollars (7,6 millions d’euros) reçue à New York en juin dernier pour des fautes dans le suivi de Standard Chartered.
Plus d'articles du même thème
-
Franklin Templeton signe un accord avec ChinaAMC
Les deux sociétés de gestion vont étudier le lancement d’ETF associant leurs marques à Hong Kong, en Europe et aux États-Unis. -
L’équipe Growth de Partech prend son indépendance
Trois anciens associés lancent Aletheon Investments. La société conseillera les participations des deux fonds Growth historiques, qui resteront dans le portefeuille de Partech. -
Clearstream avance ses pions dans la tokenisation de parts de fonds
La filiale de services post-marché de Deutsche Börse lance un service d'agent de contrôle.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Comment les îles Féroé deviennent la nouvelle destination gastronomique et hôtelière du Nord
Longtemps, on a trouvé mille raisons de repousser le voyage aux Îles Féroé : l'isolement, le climat imprévisible, l'idée d'un archipel trop reculé pour s'y improviser un séjour. Il suffit d'y poser le pied pour comprendre l'erreur. Avec la reprise, cette année, de la liaison directe depuis Paris, le moment n'a jamais été aussi favorable. Itinéraire en neuf étapes, de Tórshavn à Mykines. -
Le coût de la guerre en Iran pour les Etats-Unis ? 47 milliards de dollars
Le Pentagone a révélé au Congrès le montant de la campagne militaire de Donald Trump contre le régime iranien. La note est salée et continue de s'aggraver -
« Des résultats impressionnants » : le FMI félicite Javier Milei et lui accorde 900 millions de dollars de prêts
Après avoir ralenti l’inflation et réduit les dépenses publiques, Javier Milei a convaincu l’instance internationale de verser une nouvelle aide dans le cadre d’un programme de relance