De nouvelles pertes guettent le transport aérien traditionnel en Europe
La baisse de régime du trafic aérien attendue cette année devrait fortement pénaliser les compagnies aériennes européennes traditionnelles qui se trouvent prises entre le marteau et l’enclume. Malgré une progression du trafic mondial (passager et fret) de 4% en 2011, la hausse de 40% du coût annuel moyen du kérosène a déjà divisé par trois leur rentabilité nette hors éléments exceptionnels l’an dernier (+0,3% contre +1,1% en 2010), selon les estimations d’Euler Hermes.
Etant donné que «75% de leur trafic est réalisé par des vols internationaux, elles n’ont pu faire jouer le levier prix contrairement à leurs consœurs américaines ou asiatiques», souligne le groupe d’assurance-crédit, en ajoutant que leur seule échappatoire consiste à réduire leurs coûts et à améliorer leur productivité. Les ex-compagnies nationales sont donc particulièrement sensibles à la recette unitaire par passager («passenger yield»).
Un écart de 1% de cet indicateur «entraîne une variation d’environ 30% du résultat d’exploitation d’Air France-KLM, de 18% pour IAG et de 15% pour Lufthansa», selon les calculs des analystes de BoA-Merrill Lynch. L’impact est de 12% chez EasyJet et de seulement 5% pour Ryanair, les deux plus importantes compagnies à bas coûts de la région qui concurrencent sans relâche les transporteurs traditionnels sur les vols court et moyen courrier.
Grâce à une rotation plus rapide de leurs appareils, à une flotte harmonisée et à des services réduits au minimum, le modèle économique de ces intervenants leur permet d’afficher un endettement net quasi-inexistant voire négatif, ce qui est loin d’être le cas d’Air France-KLM ou de Lufthansa.
Alors que le passage de 4% à 3% de la croissance du transport aérien mondial pèsera sur leur activité de fret, les transporteurs classiques souffriront par ailleurs de l’augmentation de la capacité dévolue aux compagnies moyen-orientales. En dépit d’une rentabilité nette tombée de 10% à 3% entre 2010 et 2011, ces dernières «continuent à investir massivement dans leur flotte afin de prendre de nouvelles parts de marché», constate Euler Hermes.
Une demande affaiblie et l’entrée en vigueur des quotas européens de CO2 conduiraient donc les compagnies traditionnelles à une perte nette totale estimée à 0,5% de leur chiffre d’affaires en 2012, ce qui devrait favoriser de nouvelles restructurations et consolidations dans la région.
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