De nouveau rentable, CMA CGM compte accélérer son désendettement en 2013
CMA CGM a beau avoir dégagé en 2012 la meilleure marge d’exploitation annoncée de son secteur, à 6,3%, le numéro trois mondial du transport maritime de marchandises n’est pas mécontent de tourner le dos à une année agitée. Le secteur a connu «des records de volatilité», souffle Michel Sirat, le directeur financier du groupe, au gré de l’évolution des taux de fret. Lourdement déficitaire au premier trimestre 2012, CMA CGM finit l’année sur un excédent brut d’exploitation de 1,3 milliard de dollars et sur un bénéfice net consolidé de 361 millions.
«L’année 2013 restera encore fragile mais devrait être plus stable que 2012», espère Michel Sirat, du fait notamment de la plus grande discipline des transporteurs à maîtriser leur offre de transport en fonction des volumes. «Notre profitabilité devrait ainsi être similaire à celle de 2012», avance le dirigeant. Le groupe bénéficie également des différentes mesures d’économie mises en œuvre l’an dernier. CMA CGM a par exemple maintenu sa facture pétrolière à 3,8 milliards de dollars en 2012, malgré une hausse de 6% des volumes transportés.
En plus de l’appui financier du Fonds stratégique d’investissement, cette stabilisation opérationnelle a facilité la signature de l’accord de restructuration de la dette bancaire. La définition des covenants a été modifiée. Ils reposent désormais sur la situation nette du groupe, notamment le ratio de gearing (dette nette sur fonds propres), et non plus sur les indicateurs opérationnels, comme l’Ebitda, trop volatils. Le gearing s’élevait à 1,07 fin 2012. Les clauses dites de «cash sweep», qui prévoyaient un remboursement anticipé des échéances, ont également été supprimées afin de permettre à la société de conserver sa trésorerie.
Enfin, l’échéance de 500 millions de dollars prévue pour février 2013 a été allongée en plusieurs tranches de 3 à 8 ans. La maturité moyenne de la dette de CMA CGM s’élève à 7 ans pour un coût moyen de 6,5%. Cet accord «n’a pas entraîné d’augmentation des marges bancaires, mais simplement un paiement des commissions («waiver fees») pour un montant qui n’est pas matériel à l’échelle du groupe», assure Michel Sirat.
Le maintien attendu de la profitabilité cette année doit permettre de ramener la dette nette à 3,5 milliards de dollars fin 2013, contre 4,6 milliards fin 2012 et 5 milliards un an auparavant.
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