De lourdes restructurations menacent les constructeurs automobiles

Les surcapacités des usines européennes sont estimées à 20% dans un marché attendu en baisse de 5%. D’où un effet ciseau sur les résultats
Olivier Pinaud

Peugeot touche au but. L’augmentation de capital d’un milliard d’euros lancée début mars par le constructeur automobile s’achève demain. L’évolution du cours de Bourse laisse entrevoir un succès. Après un creux à 11,56 euros dans les jours suivants l’annonce, l’action a regagné 16%. Officiellement, cette opération doit servir à financer les projets envisagés avec General Motors, collaboration dont les contours restent encore très flous. Pour certains investisseurs, en restaurant le bilan du groupe, la levée de fonds pourrait servir à financer un plan de restructuration en Europe. Le groupe réalise encore les trois quarts de ses ventes sur le Vieux Continent, bien plus que les 56,9% de Renault qui est parvenu en trois ans à réduire d’un peu plus de 6 points sa dépendance à l’Europe.

Les dernières statistiques du marché européen font craindre une année 2012 pire que 2011, dont les premiers mois avaient été soutenus par la fin des programmes de primes à la casse. Les ventes ont baissé de 9,2% en février, le pire mois depuis octobre 2010. Le marché pourrait encore chuter de 5% en 2012. Des chiffres qui ont poussé les dirigeants du secteur à demander le soutien de la Commission européenne, notamment via la mise en place de systèmes de libre échange avec des marchés étrangers pour faciliter la réduction des stocks.

Selon les estimations, les capacités de production des constructeurs automobiles sont environ 20% supérieures à la demande actuelle. D’où une pression féroce sur les prix créant un effet ciseau sur les résultats. Ford a chiffré entre 500 et 600 millions de dollars les pertes de ses usines européennes en 2012. General Motors, présent en Europe via sa marque Opel, y a perdu 747 millions de dollars en 2011.

Le groupe américain a prévu de dévoiler dans les deux ou trois prochains mois un plan pour restaurer la rentabilité de ses unités européennes. Son coût est estimé à environ 1 milliard de dollars par les analystes. Et à en croire Carlos Ghosn, le PDG de Renault, d’autres plans devraient suivre, «le secteur attendant qu’un premier constructeur agisse». Depuis 2009, deux usines ont été fermées en Europe, chez Opel et chez Fiat. Selon les statistiques de l’Association des constructeurs automobiles européens, le Vieux Continent compte 297 sites de production, tous constructeurs confondus. Or, depuis 2007, le marché européen est passé de près de 16 millions d’immatriculations par an à un peu plus de 13 millions.

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