Danone vise un retour à une croissance forte et rentable en 2015
Si Danone vient de franchir le cap historique des 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires et des 2 milliards d’euros de cash flow libre, il continue à pâtir de l’environnement européen. Pourtant, l’Europe (hors CEI) ne pèse plus que 40% de ses ventes, contre 53% en 2010. L’an dernier les ventes ont reculé de 3% en Europe et crû de 12,4% dans le reste du monde, tandis que la marge chutait de 1,9 point en Europe à 15,7%, et progressait de 0,8 point à 13,2% dans le reste du monde. 2013 comme 2012 sera «une année de transition», assure Danone, comptant retrouver une «croissance organique forte et rentable» dès 2014.
Dans ce contexte de poursuite du recul de la consommation en Europe, mais de croissance dans le reste du monde, Danone table sur une croissance d’au moins 5% de son chiffre d’affaires en comparables (+5,4% en 2012) cette année pour une marge opérationnelle courante en recul de 30 à 50 points de base (-50 points de base à 14,2% en 2012). Le consensus FactSet table sur une hausse de 5,7% des ventes et sur un recul de 40 points de base de la marge. Le cash flow libre est attendu autour de 2 milliards d’euros. «On va redresser l’Europe d’abord en augmentant les volumes, puis le mix et la marge suivra. Il n’est pas question d’abandonner l’Europe», a expliqué, Franck Riboud, le PDG de Danone. Le marché semble avoir été convaincu, l’action rebondissant hier de 5,90% à 53,15 euros.
Parallèlement, Danone lance son plan d’adaptation annoncé en décembre qui doit lui permettre de dégager 200 millions d’euros d’économies. Le groupe supprimera 900 postes managériaux et administratifs en Europe (dont 236 en France selon les syndicats), soit 10% des effectifs, sur deux ans en réduisant de moitié ses unités de management en les regroupant. Le groupe provisionnera 450 millions d’euros cette année.
L’activiste Nelson Peltz, qui avait acquis 1% du capital de Danone en novembre dernier et demandé des réductions de coûts drastiques pour maintenir les marges, n’a pas commenté ce plan. Pour sa part, Franck Riboud, qui a refusé d’évoquer celui qui est également actif chez Heinz, s’est contenté de dire au marché: «Donnez-nous du temps, on fait notre boulot, on est des industriels et que des industriels.»
Par ailleurs, Danone vient de se doter d’un administrateur référent, Jean Laurent, ancien directeur général de Crédit Agricole SA, et actuel président du comité des nominations.
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